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Le procès du crash
du Mont sainte Odile |
Mardi 7
novembre 2006, verdict du procès
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Un nombre
impressionnant de journalistes s'était donné rendez-vous à
Colmar pour entendre le verdict du procès après plus de 4
mois de délibéré. Des curieux, des amis, plusieurs dizaines
de membres d'ECHO et la quasi totalité des avocats des
plaignants, des parties civiles ou des accusés avaient
envahis la salle d'audience. Une seconde salle avec un écran
géant avait même été mise à la disposition des auditeurs.
D'importantes forces de l'ordre étaient aussi mobilisés pour
garder les abords de la Cour d'Assises de Colmar.
A 14h30 précise,
le tribunal pénétra dans la salle où la tension était
palpable. Dans un silence recueilli et après un très court
préambule, le président Wagner annonça successivement la
relaxe pour Jacques Rantet, Daniel Cauvin, Pierre-Henri
Gourgeon, Claude Frantzen, Eric Lammari et Bernard Ziegler.
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A
l'énoncé du verdict, seul un léger murmure parcourt les
rangs des parties civiles. Parmi les membres d'ECHO,
quelques mains se serrent, des visages se ferment et des
larmes apparaissent sur d'autres, reflet d'une grande
incompréhension. Une explication par les avocats de
l'association va être nécessaire pour souligner que la
responsabilité civile d'Airbus, d'Air France et d'Air Inter
est désignée par le jugement. Incompréhension aussi pour les
victimes déboutées de leurs demandes supplémentaires
d'indemnisation ou renvoyées au tribunal civil dans quelques
mois. |
"Je
trouve qu'il y a un courage qu'il faut remarquer de la part
de ce tribunal pour ce pas avoir cédé à toutes les demandes
qui lui ont été soumises."
explique Maître Garnaud, avocat d'Air France. "A travers ça,
il y a une nouvelle ère de la justice pénale dans ce type
d'affaire."
"Un
immense soulagement" pour Maître Temime, l'avocat d'ECHO.
"Une décision capitale juste et
légitime puisque ce que nous attendions, c'est
l'identification des causes de l'accident. Que les prévenus
aient échappés à la sanction m'apparaît dérisoire en
rapport." |
Alvaro Rendon de son côté a déclaré " C'est un grand jour
malgré le petit regret concernant la relaxe générale. La
Justice a été à la hauteur de son travail. Je suis
réconcilié avec la justice de mon pays."
Autre
son de cloche pour Maître N'Diaye, avocat de Bernard
Ziegler. "Le jugement est satisfaisant sur le plan pénal
mais inacceptable sur le plan civil puisque l'ergonomie du
cockpit serait une cause probable de l'accident. Airbus se
réserve le droit de faire appel".
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Alvaro Rendon, président d'ECHO et Maître
Temime, conseil de l'association |
Enfin, Bernard Ziegler, même relaxé, n'a pas supporté de
voir accusé et mis en cause son "bébé".
Se
précipitant vers les micros et caméras, il lance, en colère:
"L'A320 est l'avion le plus sûr du monde. Et il l'était à
l'époque. J'ai passé ma vie en avion, donc j'ai de la
compassion pour tous les gens qui sont morts en avion. Ca
n'a rien à voir, l'avion était parfait!
Vous roulez en voiture? Vous avez de la
compassion pour tous les gens qui meurent en voiture tous
les jours? Alors, qu'est-ce-que ça veut dire, qu'est-ce-que
c'est que ces pleurnicheries?
C'est pas ça! On fait un avion très sûr,
remarquablement sûr, LE PLUS SUR DU MONDE et on traîne
Airbus devant le tribunal. Vous trouvez ça normal? Vous
croyez que ça donne un grand futur pour l'industrie
française?" |

Bernard Ziegler défend son avion |

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Reste à savoir
si la position officielle d'ECHO et de son avocat est
bien celle de la totalité de ses membres et si la quête
de la vérité quand aux raisons du crash et du "plus
jamais ça" s'accommode bien d'une théorie unique, celle
de la commission d'enquête officielle de 1994, dont
plusieurs des paramètres ont été battus en brèche par le
deuxième collège d'experts, tant décrié au procès.
Ainsi que la
sagesse populaire le dit souvent, seuls ceux qui
dérangent sont attaqués.
Les juges
retiennent finalement comme cause de
l’accident le défaut d’ergonomie du cockpit qui aurait
entraîné une erreur de manipulation de l’équipage et une
descente trop rapide.
Le jugement
écarte un dysfonctionnement du VOR comme facteur
contributif et rejette la thèse
d'une erreur de positionnement liée au DME, autre
explication possible de l'accident, car non formellement
prouvée par les experts.
Quand au GPWS,
les juges soulignent que rien ne permet d’affirmer qu’il
aurait été d’une manière certaine l’instrument salvateur
supposé.
Les thèses de
l'erreur d'affichage des pilotes, de la confusion du
mode de descente et de l'ergonomie critiquable du
cockpit atténuent finalement bien à propos la
responsabilité des géniteurs de l'A320. Alors, plutôt ça
qu'une faute lourde de conception et de certification
dans le système de navigation ?
Un jugement
reste un compromis et probablement que celui-ci
n’échappe pas à la règle.
A Colmar, mardi,
il aura eu le mérite d’apparaître comme satisfaisant
pour presque tout le monde. Presque une gageure dans une
affaire aussi complexe. |
14 novembre 2006
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Après une semaine de réflexion,
l’association ECHO porte plainte "au civil" et fait une mise au point publique de sa
position face au verdict.
L'association "prend acte de la condamnation d'Air
France et d'Airbus, mais déplore et
dénonce les relaxes prononcées à l’encontre des six
prévenus, eu égard aux fautes commises et largement
démontrées lors des débats et qui ont conjointement
provoqué le crash."
"L’association insiste auprès de M. le Procureur de la
République pour qu’il fasse appel de ces décisions lui
rappelant les termes de ses réquisitions à l’encontre
des prévenus et concernant en particulier l’absence du
GPWS que le Tribunal n’a pas retenu."
Enfin, l'association "espère
que le futur arrêt de la Cour d’Appel retiendra
l’intégralité des causes de l’accident, telles qu’elle
les a établies depuis longtemps et toujours soutenues." |
16 novembre 2006:
l'APPEL
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Le 16 novembre, au
dernier jour du délai légal de 10 jours, d'autres
recours en Appel tombent:
- Airbus Industrie qui
refuse d'être désigné comme civilement responsable
et "considère qu'il n'y a eu aucune négligence,
aussi mineure soit-elle".
- La caisse de SS de
Sarreguemines et le Fond de garantie
font également appel.
- Et enfin Bernard
Ziegler qui a toujours refusé de reconnaître une
quelconque erreur dans la conception de l'ergonomie
du cockpit.
D'habitude, lors d'une
procédure en Appel, de nouveaux éléments
apparaissent, parfois de nouvelles expertises ou
contre-expertises sont demandées. Ainsi les zones
d'ombres apparues au cours des débats en mai et juin
2006 pourraient trouver quelque spot pour les faire
surgir en pleine lumière et les questions toujours
en l'air trouver des réponses.
C'est tout le vœu que
l'on peut faire après 14 ans et demi de procédures. |
21 novembre 2006:
l'APPEL
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In extremis des délais
légaux, le parquet fait appel du jugement de première
instance.
En fin d'après midi du mardi
21 novembre, veille de la date limite, le procureur de Colmar Pascal Schultz a
décidé de faire appel en qualifiant cette décision de
difficile. Mais comme 213 plaignants ( les 2/3 ) avaient
déjà fait appel au civil, le parquet a estimé qu'on
aurait pu lui faire grief de ne pas réagir. Le discours
au pénal comme au civil doit être clair alors que des
fautes liées pourraient interférer, a déclaré le
procureur.
Le procès pourrait se tenir,
toujours à Colmar, à l'automne 2007 dans la salle où a
été lu le verdict et où également se sont déroulés les
procès du crash de Habsheim.
L'association ECHO se
déclare satisfaite par la voix de son président qui
précise que si
Airbus et Air France sont déjà condamnés, ce pourvoi a
aussi comme objectif que
la loi Fauchon ne s'applique pas dans cet accident
ouvrant alors la voie à la condamnation des prévenus. L'association va se battre
également pour obtenir des
indemnisations suffisantes refusées en première instance.
ECHO déclare ne pas vouloir
lâcher prise. |
18 janvier 2007:
Anniversaire
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A la veille du 15ième
anniversaire de l’accident, l’association ECHO organise
une mini table ronde réservée à ses membres et dans
laquelle interviendront une demi-douzaine de
spécialistes : avocat, journalise, experts ou
politiques.
Le thème ? La dépénalisation
est-elle un frein à la recherche de la vérité ?
Après le verdict du mois de
novembre, il semble que dans l’esprit de certains, la
recherche de la vérité par la Justice doive évidemment
déboucher sur une condamnation pénale sous peine
d’instiller le doute quand à la validité des conclusions
des causes de l’accident.
Mais la loi Fauchon qui a
réduit fortement l’éventail des responsabilités engagées
n’empêche nullement les enquêteurs techniques d’œuvrer
et d’analyser les causes d’un crash.
In fine, la crédibilité et
la validité de leurs conclusions n’ont aucun lien avec
une quelconque justice pénale.
L’insatisfaction face au
verdict pose plus la question du choix et de la
désignation des mis en examen ainsi que de la conduite
de l’instruction en général. |
20 janvier 2007:
Anniversaire
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L’Association ECHO, réunie en Assemblée générale le 20
janvier 2007 à STRASBOURG, "constate qu’après un
procès de deux mois, le Tribunal Correctionnel de Colmar
a rendu son verdict dans la catastrophe du Mont
Sainte-Odile : « AIRBUS et AIR
France
responsables mais sans coupable ! », ce qu’elle
considère comme une dérive majeure de l’interprétation
de la loi FAUCHON, relative aux délits non
intentionnels."
L’association "s'insurge, d’une part, de ce que la
vérité n’a été que très partiellement reconnue, la
responsabilité civile du constructeur AIRBUS ne pouvant
pallier l’absolution de tous les prévenus et notamment
la mise hors de cause des fonctionnaires de la Direction
Générale de l’Aviation Civile ;
L’association espère que la Cour d’Appel
de Colmar, saisie en appel, saura rendre justice." |
Janvier 2007: Le
procès en APPEL
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Le procès en Appel aura lieu
entre le 16 octobre et le 2 décembre 2007, toujours à
Colmar.
L'audience devrait en
principe être présidée par Mme Claudine Krieger-Bour qui
connaît bien le monde aéronautique puisqu'elle a déjà eu
à juger du crash de Habsheim lors du procès en Appel en
janvier 1998. Une première approche du milieu qui pourra
probablement l'inspirer pour juger des responsabilités
de ce second crash d'Airbus A320.
Le ministère public devrait,
lui, être représenté par François Jurdey, avocat général
assisté de Claude Lafont, substitut.
Le procès aura lieu dans la
salle des assises, rénovée entre temps, rue Berthe Molly,
au même endroit que les deux procès du crash de
Habsheim. |
18 avril 2007, le procès
en Appel se précise
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Confirmation par les
différentes parties. Le procès en appel de la
catastrophe du Mont Sainte Odile se tiendra bien à
partir du 16 octobre 2007 dans la salle réservée
habituellement aux procès d'assises de Colmar.
Les audiences auront
lieu les lundis, mardis, mercredis et jeudis, le
matin de 9h30 à 12h30 et les après-midi de 14h à
18h. Un rythme soutenu donc, contrairement au procès
en première instance dont les audiences n'avaient
lieu que les après-midi. Les débats devraient durer
six semaines.
Les mêmes experts et les
mêmes témoins seront entendus, (pour dire les mêmes
choses?) tandis que les parents des victimes auront
à nouveau la parole à l'ouverture du procès, comme
lors du procès en première instance.
On peut légitimement
penser que le seul intérêt de ce second procès sera
de creuser les pistes ébauchées en 2006 pour choisir
une bonne fois pour toutes entre les différentes
hypothèses, quitte à fâcher certaines personnalités.
Sera-ce le cas ?
Ce deuxième procès
devrait ainsi, en théorie, durer 28 journées pour
environ 168 h d'audience à comparer aux 34 jours et
aux 200 h d'audience du premier procès.
Les possibilités sont
donc offertes pour pouvoir aller au fond des choses,
si le désir s'en fait sentir! |
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Le livre du procès
disponible en librairie ainsi
que chez l'auteur
- L'historique des évènements et de l'instruction
- Les
"batailles" d'ECHO,
- Toutes
les audiences du procès, revues, complétées et augmentées de nouvelles infos
- Les
questions qui se posent après 9
semaines de procès.
- Format: 16 x 24, 224 pages : 23 € + port : 4 €
Pour
toute commande ou de
simples renseignements, envoyez un
courriel à l'auteur :
planecrash ifrance.com
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Quelques avis sur le livre
http://transportaerienledossiernoir.blog.20minutes.fr/
http://www.iut-colmar.net/jac
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