Conséquences du crash

 Réflexions de l'auteur de ce site

    En France, l'idée d'une presse puissante et responsable, véritable "quatrième pouvoir", est sérieusement écornée après l'affaire du crash de Habsheim, quand la politique et l'argent se liguent contre elle. Sans s’appesantir sur la lâcheté de certains, la menace d'une "contre-publicité"  ou de la diffamation ont fait taire bien des velléités de journalistes épris pourtant de vérité ou de croisade.

     Peu de gens s'aperçoivent de cet aspect des choses dans l'affaire de Habsheim et c’est une des leçons à tirer, bien au delà de l’événement lui-même : La démocratie et la liberté d'expression se sont agenouillées devant la raison d'État. C'est la puissance de l' argent - roi qui a gagné une bataille.

     Quand à la Justice, à l’évidence, elle ne s’est pas donné les moyens d’avoir un avis réellement impartial. Tous les experts nommés étaient liés de près ou de loin à Airbus, à l'État, à la DGAC ou à Air France, et donc totalement incapables d’être objectifs, car juges et partis. De plus, la maladie bien française de refuser l’avis de confrères étrangers a permis des dérives incompatibles avec la recherche scrupuleuse de la vérité. La propension à vouloir défendre à tout prix l’ A 320 a été générale, même au détriment des plus élémentaires droits de l’homme et de la simple justice.

     Aujourd’hui, dans les milieux aéronautiques, « le traitement particulier » des enregistreurs de l’Airbus A 320  de Habsheim est devenu un secret de polichinelle, mais personne n’ose en parler le premier, espérant bien ne jamais être victime personnellement de ce genre d’affaire.  L'enfouissement de la tête de l’autruche dans le sable fait des ravages dans le microcosme aéronautique français. 

     Demain ou plus tard, de par les simples lois mathématiques de probabilité, d'autres accidents auront lieu, malheureusement. Si comme c'est parfois le cas, l'analyse des enregistreurs tarde un peu, que vont dire ou écrirent des journalistes en mal de copie ? Combien de temps vont-ils mettre à se souvenir de l'étrange périple et des contestations des boîtes noires de Habsheim, surtout s'il s'agit d'un Airbus ?

     Les jugements de l'affaire de Habsheim n'ont rien réglé car la vérité n'est pas apparue, claire et incontestable. Une habitude bien humaine de renvoyer à d'autres le règlement d'un problème trop difficile à résoudre est patente. Mais la fuite en avant n'est pas une solution et un jour ou l'autre l'addition sera présentée.