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11/9, autre
anniversaire
Le 11 septembre 1968 en effet, disparaissait au large d’Antibes
la « Caravelle » d’Air France en provenance d’Ajaccio faisant 95
morts dont 10 enfants.
Depuis 40 ans, les familles cherchent à savoir pourquoi et
comment. Seules, éconduites voire menacées par la Justice ou
l’Armée après leur multiples demandes, elles contestent les
conclusions officielles d’un feu dans les toilettes.
Un livre vient de paraitre qui réactive la thèse du missile
militaire égaré, jamais écartée d'ailleurs par les familles.
40 ans après les faits, il est bien difficile d’y voir clair
après les travaux de la commission d’enquête technique qui a
conclut à un feu à bord d’origine indéterminé, trois juges
d’instruction dont le dernier a prononcé un non-lieu et
l’institution militaire plus que réticente à évoquer ses
activités ce 11 septembre 1968.
Mais l’intérêt de revenir sur cet accident tient surtout à la
manière de réaliser une enquête dont on avait fixé les
conclusions à l’avance puisqu’il fallait innocenter l’Armée et à
une institution judiciaire, ignorante de l’aéronautique et aussi
peu curieuse que possible.
....Comme un prélude à d’autres enquêtes 20 ans après. Certaines
carrières avaient d’ailleurs commencé là.
Et l’on découvre dans ce livre que ni les gendarmes ni les
policiers n’ont pris de photos des débris ramenés à la surface,
que la commission d’enquête travaillait quasi uniquement avec le
constructeur et la compagnie aérienne, rarement avec la police
et encore moins avec la justice, laquelle sera tenue dans
l’ignorance de ses travaux. Et cette même commission qui accepte
comme vérité première les informations données par l’armée, sans
jamais vérifier ni interroger les généraux ou le ministre, au
dessus de tout soupçon.
Les coordonnées du point de chute enregistrées par les radars ne
sont divulguées que tardivement.
Un expert dont en entendra beaucoup parler plus tard, RA, qui
sait, mais qui refuse de parler.
Et ces pilotes en activité qui affirment que c’est bien un
missile qui a abattu la Caravelle, et que même « c’est un secret
de polichinelle » dans les milieux de l’aéronautique, mais qu’il
fallait surtout le taire.
Des juges qui n’ordonneront aucune expertise ni n’entendront de
témoins et qui refuseront de tenir les familles des victimes au
courant de l’enquête.
Et bien d’autres choses étonnantes, voire caricaturales.
Bien des années plus tard, certains acteurs du drame avouent sur
leur lit de mort que c’est bien un missile égaré qui a tué 94
personnes en abattant la Caravelle.
En conclusion, cette opinion d’un acteur anonyme et toujours
applicable à propos des spécialistes venus de Paris : "Des gens
qui n’ont pas de pouvoirs, des fonctionnaires. Si on leur dit de
fermer leur gueule, ils la ferment."
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