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Le samedi 10 avril 2010, le Tu-154 du gouvernement polonais
s'écrase à Smolensk. 96 personnes, tous haut-responsables
polonais, sont tués sur le coup. Emmené par le Président Lech
Kaczynski, cette délégation officielle polonaise se rendait à
une commémoration du massacre de Katyn où plusieurs milliers
d'officiers polonais avaient été exécutés en 1940 par la police
secrète soviétique.
Un porte-parole du gouvernement régional russe, Andreï
Yevseienkov, affirme dès le lendemain: La "mauvaise visibilité"
et le "brouillard" sont à l'origine de l'accident d'avion samedi
près de l'aéroport de Smolensk (ouest de la Russie).
Le
porte-parole déclare que le Tupolev 154 présidentiel polonais
"s'est écrasé en raison de la mauvaise visibilité", à sa
quatrième tentative d'atterrir par un épais brouillard", avant
d'expliquer: " Les contrôleurs de l'aéroport militaire de
Smolensk Nord avaient invité les pilotes de l'appareil à se
dérouter sur Minsk, capitale du Belarus voisin ou vers Moscou,
en raison des mauvaises conditions météo. Mais l'équipage a
"pris la décision indépendante d'atterrir à Smolensk".
Que voilà une enquête rapidement menée!
Suite à une approche à trop basse altitude, les ailes de l'avion
ont heurté les cimes d'arbres de 8 m de haut et il s'est écrasé
dans la forêt à environ 1200 m du deuil de piste.
L'avion s'est disloqué
et "personne n'a survécu à la catastrophe" |
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L'épave du Tu-154 et les enquêteurs russo-polonais. |
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Selon Alexandre Aliochine,
commandant-adjoint de l'état-major des forces aériennes russes,
l'équipage augmentait sa vitesse de descente et commençait à
réduire son altitude de façon plus importante que l'angle
d'approche normal, l'aiguilleur du ciel a ordonné à l'avion de
faire un palier, et quand l'équipage n'a pas obéi, a ordonné
plusieurs fois au commandant d'aller sur un autre aéroport. En
dépit de cela, les pilotes ont continué à descendre".
Et l'on ressort une ancienne anecdote de
2008. En approche à Tbilissi, le Président Kaczynski aurait
voulu obliger un pilote à atterrir en zone dangereuse. Celui-ci
ayant refusé, il l'aurait fait licencier.
On précise aussi que le déroutement vers
Minsk ou Moscou aurait obligé la délégation polonaise à
parcourir 400 km par la route alors que le timing de la
cérémonie du souvenir était très serré. |
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Début
de l'enquête et premières questions
L'enquête engagée par la Russie a
aussitôt invité des experts polonais à s'y associer. Trois
enregistreurs de vol ( FDR (paramètres) et CVR (voix) et le QAR
(pas protégé mais retrouvé en bon état) ont été récupérés et
envoyé pour analyse à Moscou. Mais plusieurs questions se posent
bientôt.
Le
procureur militaire polonais, le colonel Rzepa a précisé:
Il n'existe aucune preuve qu'une panne ou un incendie soient
survenus lors du vol. Les moteurs de l'avion ont fonctionné
jusqu'au moment du choc au sol". Les enquêteurs sont
actuellement les seuls à connaître le contenu des
enregistrements des deux boîtes noires.
Le
procureur polonais a indiqué au quotidien Gazeta , paru
mercredi, que peu avant le crash les pilotes savaient que
l'avion allait s'écraser. Selon lui, les derniers moments de
l'enregistrement sont "dramatiques", mais il s'est refusé à
révéler leur contenu. Alors que les résultats de l'enquête se
font attendre, les médias polonais penchent de plus en plus pour
une erreur humaine. Une des hypothèses évoquées est celle selon
laquelle les pilotes auraient agi sous la pression de la
délégation qui se trouvait à bord de l'appareil.
Et puis il se dit
aussi que les
aiguilleurs de Smolensk n'auraient pas fermé l'aéroport pour ne
pas créer d'incident politique, alors que les conditions
météorologiques auraient justifié une fermeture. D'ailleurs, ...
le balisage de la piste ne serait pas aux normes.

Vérification du
balisage de la piste de Smolensk
De toute façon,
l'aéroport militaire de Smolensk ne dispose pas d'un ILS, mais
uniquement d'un ancien système NDB obsolète, et d'un guidage GCA
éventuel, tous deux inutiles avec un brouillard épais. Par
visibilité quasi nulle, il faut aussi que l'avion soit équipé et
les pilotes formés pour un atterrissage en Cat III, ce qui
n'était pas le cas.
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Selon le représentant de la Pologne
auprès du comité d'aviation interétatique, le chef de l'armée de
l'air
Andzej Blasik est arrivé dans la cabine des pilotes
quelques minutes avant la catastrophe, mais "n'avait exercé
aucune pression directe sur les pilotes".
Malgré tout, sa présence seule peut constituer un élément de
contrainte pour le pilote. |
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Le temps passe
sans que les conclusions deviennent claires
"Cela fait quatre semaines que nous
vivons dans un chaos d'informations en Pologne", s'est
plaint Jaroslaw Zielinski, député du PiS. "Nous appelons le
premier ministre a réclamer immédiatement aux autorités de la
Fédération de Russie de transférer à la partie polonaise la
gestion de l'enquête sur la catastrophe", selon le projet
de résolution déposé jeudi au Parlement.
Il évoque notamment le fait que la Pologne ne s'est toujours pas
fait transmettre les boîtes noires de l'appareil présidentiel
Mercredi, Varsovie avait demandé
aux autorités russes de nouvelles fouilles sur le lieu de la
catastrophe et une meilleure protection de ce site. Demande
justifiée puisque plusieurs cartes bancaires de victimes
probablement dérobées sur le site ont été utilisées par pour
retirer de l'argent et effectuer des achats. Trois policiers
russes ont été arrêtés. |
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02.06.2010 Le CVR est rendu public

Le capitaine Arkadiusz Protasiuk
pilote du Tu 154
Le CVR confirme les
hypothèses du crash.
La transcription des
conversations dans le cockpit de l'avion du Président Lech
Kaczynski qui s'est écrasé le 10 avril en Russie, publiée mardi
par les autorités polonaises, semble confirmer que les pilotes
ont négligé plusieurs avertissements
«Pull
up, pull up» (remonter), peut-on lire à plusieurs reprises au
cours des dernières 20 secondes du vol, mais cette commande ne
semble pas avoir provoqué de réaction des pilotes avant les
derniers instants, selon le texte publié en version intégrale,
en russe et en polonais, sur le site du ministère polonais de
l'Intérieur www.mswia.gov.pl.
L'intégralité des conversations du cockpit pendant les 40
dernières minutes du vol a été aussi lue à l'antenne par les
journalistes de la télévision TVN24.
A 16 minutes de l'impact avec le sol, les contrôleurs de la tour
de l'aéroport de Smolensk ont transmis: «les conditions ne
permettent pas l'atterrissage». «Merci, si possible nous allons
tenter d'atterrir mais si la météo est mauvaise nous allons nous
retirer pour un deuxième tour», a répondu le premier pilote
Arkadiusz Protasiuk. «Pour l'instant, dans les conditions
actuelles nous n'arriverons pas à nous poser», déclare-t-il
cependant une minute plus tard.
Dix minutes plus tard, on entend le directeur du protocole
diplomatique Mariusz Kazana, présent dans le cockpit dir : «le
Président n'a pas encore décidé ce que nous allons faire». Selon
la transcription, le chef de l'armée de l'air, le général
Andrzej Blasik, se trouvait dans le cockpit à deux minutes de
l'accident, mais rien ne laisse supposer qu'il ait exercé une
pression directe sur les pilotes.
Les 20 dernières secondes sont ponctuées de commandes
automatiques «Pull up» et «Terrain ahead» (avertissant de la
proximité du sol) et des indications du navigateur de l'appareil
sur l'altitude: 100, 90, 80, 70 et jusqu'à 20 mètres. A 50
mètres du sol, la tour de contrôle a lancé la commande «horizon
101», qui ordonne d'arrêter de descendre.
Les dernières secondes sont marquées par le bruit de l'avion qui
heurte un arbre, une ultime commande de la tour ordonnant à
l'avion de repartir, et de quelques jurons prononcés en
polonais, se transformant en cri de détresse.
Lundi 1er juin, Moscou a remis à la Pologne des copies
numériques des enregistrements des boîtes noires de l'avion. |
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Le
pilote aurait bien été menacé dans le cockpit
Selon l'agence russe
RIA NOVOSTI,
à la lecture d'un fragment des enregistrements des boîtes
noires du Tu-154 présidentiel polonais dont la chaîne de
télévision polonaise TVN 24 a pris possession, il a été
entendu que les pilotes ont subi des pressions juste avant
l'atterrissage.
Selon des informations non-officielles, l'enregistrement
déchiffré du fragment permet d'établir que le commandant de
bord de l'avion présidentiel avait dit juste avant le crash:
"Si nous ne nous posons pas, ils me tueront".
Après le crash, il a été établi que deux intrus se
trouvaient dans le cockpit au moment de l'atterrissage, dont
le chef de l'Armée de l'air polonaise Andrzej Blasik.
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Le 29 juillet
2011, le rapport polonais incrimine les Polonais et les Russes
Les autorités polonaises
ont rendu public ce 29.7.2011 un rapport d’enquête sur le
crash de l’avion du président polonais Lech Kaczynski en
2010 à Smolensk, en Russie. Contrairement aux rapports
précédents qui faisaient porter la responsabilité de l’accident
uniquement sur les pilotes, cette nouvelle enquête pointe aussi
du doigt des erreurs du côté russe.
Lors d’une conférence de
presse à Varsovie, le lieutenant-colonel Robert Benedict a
reconnu que le niveau de formation des pilotes
« constituait une menace à la sécurité des vols ». Ils n’avaient
pas suivi un entraînement adéquat pour conduire l’avion, un
Tupolev 154. Et au moment de l’accident, ils
volaient à « trop grande vitesse » et à une « trop basse
altitude », selon les nouvelles conclusions.
Mais ce dernier rapport
met aussi en cause et pour la première fois la partie russe. Les
contrôleurs de l’aéroport de Smolensk auraient
donné des instructions incorrectes aux pilotes
dans la phase d’atterrissage de l’appareil. De plus, il
apparaît, selon la commission d’enquête polonaise, que la
signalisation lumineuse de l’aéroport était défectueuse.
"La commission d'enquête
a établi que la signalisation lumineuse de l'aéroport (de
Smolensk dans l'ouest de la Russie) était défectueuse et
inappropriée", a déclaré le lieutenant-colonel Robert Benedict,
membre de la commission, lors d'une conférence de presse à
Varsovie.
Le rapport affirme
encore que "le chef de la zone d'atterrissage avait donné des
instructions erronées à l'équipage de l'avion". Le rapport
russe, présenté en janvier, avait rendu la partie polonaise
seule responsable de cette catastrophe.
"La cause directe de
l'accident a été la descente (de l'avion) à un niveau trop bas
et à une vitesse excessive dans des conditions atmosphériques
qui empêchaient tout contact visuel avec le sol", a conclu de
son côté la commission polonaise.
Selon la commission
d'enquête, les Russes ont donné de mauvaises consignes aux
pilotes de l'avion qui n'avaient pas l'intention d'atterrir.
L'accident s'est produit après un mauvais calcul de la distance
qui séparait l'appareil du sol.
La commission d'enquête
met également en cause le manque de formation du pilote
polonais, dépourvu d'expérience en matière d'atterrissage par
mauvais temps, manque de formation qui "constituait une menace à
la sécurité des vols". Ce pilote, seul membre de l'équipage à
parler russe, a dû gérer de front les communications avec les
Russes au sol et le pilotage de l'avion.
En revanche, rien de
permet d'affirmer que le président polonais ou d'autres
passagers ont exercé une pression psychologique sur l'équipage
en leur ordonnant d'atterrir, note la commission d'enquête.
Des responsables de
l'aviation russe avaient affirmé que les pilotes polonais
avaient maintenu leur décision d'atterrir malgré les mauvaises
conditions météorologiques parce qu'ils redoutaient la colère du
président s'ils se déroutaient. |
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