Que sont ils
devenus ?
Le 26 juin 2005, 17 ans se seront écoulés
depuis l’accident. Le livre « Le pilote est-il coupable » écrit en
1992, a surtout posé des questions et révélé un instantané de
certaines façons de faire dans l’Aviation Civile française.
Certains personnages nommés dans cet essai ont
joué un rôle décisif. Où en sont-ils aujourd’hui ?
Les politiques :
-
Michel Delebarre, qui avait remplacé Louis Mermaz au
ministère des transports, une semaine après le crash n’a pas eu la
carrière politique que l’on attendait de lui, il est aujourd’hui
maire de Dunkerque.
-
Cyril Spinetta, chef de cabinet de Delebarre, Surnommé
« St Just » par Henri Petit, continue avec succès une belle carrière
en qualité de PDG d’Air France, après avoir occupé la même fonction
à Air Inter. Le changement de majorité politique en France n’a eu
aucune influence sur sa carrière aéronautique.
-
Pierre-Henri Gourgeon, adjoint du précédent dans le
cabinet Delebarre, est Directeur général d’Air France. Il avait
précédemment occupé le poste de Directeur Général de l’Aviation
Civile. Il est toujours mis en examen dans l’instruction de
l’accident d’A320 du Mont St Odile. Comme pour Cyril Spinetta, le
changement de majorité n’a pas gêné sa carrière à Air France.
-
Jacques Friedmann, PDG d’Air France au moment du crash
a du céder sa place à Bernard Attali à l’automne 1988, il occupe
aujourd’hui un poste élevé dans une compagnie d’assurances.
-
Jean Pierson, retraité.
Les fonctionnaires
-
Daniel Tenebaum, Directeur Général de l’Aviation
Civile en 1988, a changé d’orientation en 1991 pour prendre la tête
de la SANEF (autoroutes du Nord et de l’Est de la France). Il a
laissé sa place à Pierre Henri Gourgeon. Victime d’un accident
cérébral et lourdement handicapé, il a retrouvé un poste de
direction à la DGAC.
-
Bernard Mangane, (ancien contrôleur de la circulation
aérienne), l’enquêteur du Bureau d’Enquêtes Accident qui a réalisé
entre autres tâches, la transcription du CVR, a fait depuis une
belle carrière. Après avoir été nommé Commandant d’Aérodrome à
Cannes, il occuperait aux dernières nouvelles, ce même poste à
Clermont Ferrand.
-
Claude Gérard, (ancien contrôleur de la circulation
aérienne), responsable du district DGAC en Alsace.
Il s’était chargé du transport et de la surveillance des
enregistreurs le jour de l’accident et
était déjà à la retraite en 1998, lors du procès devant la Cour d’Appel.
A ce jour, il n’a toujours pas été confronté aux autres témoins du
prélèvement des boîtes noires dont les versions des faits et les
observations sont totalement différentes des siennes. En 2004, il a
réactivé une plainte datant d’août 1998 contre les passagers et
Michel Asseline pour dénonciation calomnieuse. Cette plainte fait
suite à celle déposée par plusieurs passagers ainsi que Michel
Asseline pour faux témoignage. Une instruction judiciaire est
toujours en cours.
Les experts judiciaires
-
Raymond Auffray, continue à réaliser des expertises
pour la Justice lors d’accidents aériens. Il développerait ses
connaissances en pratiquant l’aviation légère en montagne. Ses
positions ont été particulièrement dures à l’encontre de Michel
Asseline lors du procès.
-
Michel Bourgeois (ingénieur général de l’armement) est
décédé.
-
Max Venet et Jean Belotti n’ont pas poursuivi dans la
direction initiale qu’ils avaient choisie (voir leur écrit :
« synthèse du condensé de l’existant »). Après avoir tenté de
s’assurer de la sympathie des pilotes mis en examen, ils ont au
contraire tout fait pour les enfoncer et conforter la thèse
officielle. Le juge Guichard les a par la suite chargé des
expertises judiciaires concernant l’accident d’A320 du Mont Ste
Odile. Leurs conclusions, visant surtout l’équipage ont été balayées
par des expertises plus récentes démontrant le mauvais
fonctionnement des systèmes de navigation de l’avion (DME). Ils ont
perdu toute crédibilité auprès de la majorité des pilotes de ligne.
Les magistrats
d’instruction
-
Le juge Germain Sengelin, dont les actes d’instruction
ont permis de sauvegarder des informations essentielles au début de
l’affaire, a pris sa retraite. Il enseigne à la faculté de droit de
Mulhouse et est conseiller juridique. L’acharnement du parquet pour
le mettre à l’écart du dossier de Habsheim est exemplaire. Y
avait-il un risque ?
-
Le juge François Guichard, assisté des deux experts
Venet et Belotti a sans doute été victime d’expertises
« orientées ». Il a quitté la magistrature pendant l’été 2001, après
qu’une action en suspicion légitime ait été menée contre lui par l’Association
des Victimes et Michel Asseline. Il est, aux dernières nouvelles,
employé à la mairie de Paris chargé de la vérification des comptes.
-
Le procureur Jean Wolf a été muté dans le sud de la
France, puis….. à Toulouse. Récemment, il a été nommé à un poste
important à la cour de cassation.
Les avocats
-
Jean Michel Agron, conseil de Michel Asseline depuis
le début de l’affaire, a vu ses mérites reconnus en recevant la
Médaille de l’Aéronautique. Il vole toujours sur avion et
hélicoptère et ses connaissances aéronautiques sont mises en œuvre
dans de nombreuses affaires d’accidents aériens.
-
Daniel Soulez Larivière reste le conseil favori des
employés de l’Etat et autres hauts fonctionnaires. Il est le conseil
de Claude Gérard dans son action menée contre les victimes pour
dénonciation calomnieuse (cf. supra). Il défend la société TOTAL
dans l’affaire de la pollution maritime de l’ERIKA, en demandant un
non-lieu ou une relaxe pour sa cliente.
Les
syndicalistes
-
Christian Roger, ex président du SNPL Air France,
commandant de bord B747 à la retraite et aussi ex-leader de la
patrouille de France anime une Association luttant contre les
nuisances sonores causées par le trafic aérien. Il réalise aussi des
analyses concernant les accidents aériens (dernière en date, Sharm
el Sheikh)
-
Le SNPL s’est rapproché sensiblement du constructeur
Airbus au moment de la nomination de Geoffroy Bouvet, se disant
lui-même- fils spirituel de max Venet (cité plus haut). Sous sa
présidence, l’avocat du syndicat Me Rappaport a demandé en appel la
confirmation de la peine de prison ferme demandée à l’encontre de
Michel Asseline, sans attendre les résultats des expertises menées
par la police scientifique suisse concernant l’authenticité des
enregistreurs de vol.
Le SNPL s’était
porté partie civile dans l’instruction relative à l’accident de
l’A330 à Toulouse, dans lequel le chef pilote d’essais d’Airbus,
Nick Warner avait trouvé la mort avec 5 autres personnes dont deux
pilotes d’Alitalia. Le SNPL a retiré sa plainte moyennant un
dédommagement d’un montant inconnu et il n’y a pas eu de procès. Par
la suite, de nouveaux présidents se sont succédés à la tête du
syndicat. Ils ont permis à Michel Asseline, en lui donnant un
travail, de traverser une période difficile de sa vie.
Les pilotes
-
Henri Petit, ex Directeur des Opérations Aériennes a
été débarqué par Jacques Friedmann en septembre 1988, Il a fini sa
carrière à Air France en qualité de commandant de bord B747, jusqu’à
l’âge de 60 ans. Il continue depuis a être employé par la société
« Air France consultant ». Il a été condamné définitivement à 18
mois de prison avec sursis, ce qui semble t’il n’a pas gêné sa
carrière..
-
Pierre Mazières, copilote sur le vol accidenté, est
resté à Air France. Il a terminé sa carrière en qualité de
commandant de bord B747. Il perdu sa licence pour raison médicale en
1996, juste avant le procès, condamné à 12 mois de prison avec
sursis, il n’a pas fait appel. Il a totalement perdu le contact
avec l’Association des victimes et avec Michel Asseline, conséquence
de son comportement au procès et de ses relations privilégiées avec
« l’autre bord ».
-
Michel Asseline, principal accusé a été banni de fait
par la suspension de sa licence de pilote de ligne. Après avoir mené
une vie professionnelle très aventureuse dans différents pays, il
est rentré en France pour purger sa peine (20 mois de prison dont 10
fermes). Il faut rappeler que la menace de la prison ne l’a pas fait
changer d’idée sur le traitement suspicieux des enregistreurs et
qu’il a quitté la salle d’audience pour ne pas y revenir dès le
premier jour du procès en appel. Une fois sa peine terminée, il a
été sollicité pour prendre le poste de Directeur des Opérations d’Air
Lib, ce qui ne s’est pas réalisé. En revanche, il a exercé la
fonction de Directeur du Centre d’Instruction et a participé très
activement au lancement de l’A321 dans cette compagnie. Il a
effectivement volé sur cet avion avant la fin d’Air Lib. Il est
aujourd’hui retraité.
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Claude Bechet, retraité, a quitté sa fonction de
commandant de bord à l’âge de 60 ans pour occuper le poste
(spécialement créé pour lui d’après ses propres dires) d’officier de
sécurité de la compagnie ATR parente d’Airbus.
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Pierre Baud, a cédé sa place de chef pilote d’essais à
Nick Warner, décédé lors d’un essai en vol de l’A330, pour devenir
Directeur du Centre d’Instruction d’Airbus. Lors des procès
(diffamation, puis procès traitant de l’accident proprement dit), il
a vigoureusement défendu Airbus Industrie menant le bal des
« experts » de cette société venus en nombre pour assister les
experts nommés par la Justice, alors qu’Airbus n’était ni partie
civile ni prévenue. Appelés à la barre comme témoins, ils restaient
ensuite dans la salle, répondant à chaque sollicitation du tribunal
ou des experts judiciaires officiels. Il a lui-même déclaré à Michel
Asseline après une audience : « Je ferais tout pour sauver ma
boîte ». Les deux hommes se sont revus à Toulouse lors du lancement
de l’A321 à Air Lib puis à d’autres occasions et se sont montrés une
estime réciproque. Pierre Baud est aujourd’hui retraité.
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Bernard Ziegler, retraité.
Les victimes
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Réunies en Association, elles se réunissent chaque année pour
une cérémonie sur le site à la mémoire des disparus. Elles montrent
entre elles solidarité et courage. Ce n’est qu’au prix de longues
tractations qu’Air France a enfin fait un minimum envers elles en
leur offrant frileusement quelques billets d’avion.
L’avion
-
Plus de 1500 exemplaires en service, à peu près autant
en commande, on peut légitimement considérer que c’est un succès.
Pour cela, il a subi plus de 1300 modifications qui l’ont rendu sur
et performant. Même si, extérieurement il ressemble comme un frère
jumeau à celui de l’accident, ce n’est plus le même avion.
Les incidents accidents similaires
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Deux cas au moins dont les conditions peuvent être considérés
comme très proches de celles du vol de Habsheim, c'est-à-dire :
impossibilité de remettre les gaz près du sol sans le toucher, une
fois activée la loi de protection d’incidence en conséquence d’une
vitesse faible, avec activation simultanée de la loi d’atterrissage
et d’arrondi.
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Bilbao Espagne –Iberia A320-
source Aviation Safety week du 18 juin 2001
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Roissy Charles de Gaulle - Air
France A320 – source Air France Bulletin de sécurité des vols N°21,
cas 20-14
Modifications
-
Les seules corrections apportées visent surtout
l’entraînement des pilotes auxquels on suggère fortement l’usage de
l’auto-poussée en mode « speed » et l’augmentation de la vitesse
lors des approches, qu’elles soient effectuées manuellement ou au
pilote automatique.
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L’instruction concernant les lois de pilotage, lors des
stages de qualification est des plus succinctes et peu
d’instructeurs sont capables de les expliquer à leurs stagiaires.
-
En conséquence, le niveau moyen des pilotes tant pour les
connaissances théoriques que pour le contrôle manuel de la poussée
des réacteurs a fortement baissé.