www.crashdehabsheim.net

Crash Air Moorea

 

Un DHC-6 Twin Otter de la compagnie aérienne "Air Moorea" assurant régulièrement la liaison Tahiti-Moorea s'est abîmé en mer juste après son décollage de l'aéroport de Temae à Moorea, jeudi 9 août 2007 aux environs de 12h30, heures locales.

19 passagers et le pilote avaient pris place à bord et tous ont disparu avec l'appareil par 700 à 800 mètres de fond à moins de 2 km de la côte.

Les corps repêchés par les secours étaient remontés à la surface et laissaient penser que la carlingue s'était désagrégée après l'impact avec l'eau.

L'avion, immatriculé F-OIQI avait été construit en 1979 mais n'était exploité par "Air Moorea" que depuis novembre 2006 après avoir subi "un reconditionnement à neuf" selon le directeur de la compagnie et une visite technique en juillet dernier.

Selon un témoin, l'avion aurait eu du mal à prendre de l'altitude. Selon un autre qui se baignait à proximité, les deux moteurs se seraient subitement arrêtés après avoir fait un "drôle de bruit". L'avion a alors chuté brutalement.

Air Moorea effectue principalement des vols entre Tahiti et Moorea parmi les plus courts qui soient: 7 minutes de vol. Une vingtaine de liaisons journalières ont lieu dans chaque sens.

 

 

     

Deux vues du DHC-6 "Twin Otter" F OIQI accidenté

     

La liaison Tahiti-Faaa vers Moorea-Temae dont on voit la piste emprunté jeudi. Tahiti est au fond

     

Le vol entre les deux aéroports est un des plus courts qui soit: 7 minutes avec un seul pilote aux commandes.

              L'aménagement de la cabine du "Twin" est prévu pour 19 passagers

      

A gauche, décollage de Faaa vers Temae. On remarque bien à droite la disposition particulière de la manette des gaz sur le DHC-6

 

C'est après la barrière de corail, dans la zone bleue foncé que s'est abîmé l'avion d'Air Moorea juste quelques instants après son décollage.

L'île de Tahiti est située à gauche de l'image.

 

 

Les photos de cet accident pour la plupart de l'agence www.Tahitipress.pf. Elles sont d'ailleurs siglées.

    

Militaires, secouristes, pompiers et bénévoles sont intervenus rapidement sur les lieux de l'accident

    

Les débris de l'avion rassemblés sur la rive

    

Les premiers corps repêchés sont évacués vers une chapelle ardente.

    

    

Le Président de la Polynésie française, Gaston Ton Sang (à gauche sur la photo) et les autorités de Polynésie arrivées sur les lieux constatent que jamais encore en Polynésie un accident d'avion n'avait fait autant de victimes. Dans l'île de Tahiti, le traumatisme dans la population est général, la ligne de Tahiti à Moorea était fréquentée par de très nombreux Polynésiens.

Les familles ont été accueillies par plusieurs médecins et psychologues qui se sont tenus à leur disposition.

 

La compagnie aérienne Air Tahiti / Air Moorea a rapidement fait paraitre plusieurs communiqués d'informations et a diffusé aussi rapidement dans la presse et donc sur le web les noms des passagers et du pilote.

 

Deux jours de deuil ont également été décidés dans toute la Polynésie.

 

Le BEA a envoyé quatre enquêteurs sur place depuis Paris. Le temps qu'ils prennent leurs fonctions et qu'ils décident du sort de l'épave, l'enquête est loin d'être close.

Il sera d'ailleurs difficile de comprendre les causes de l'accident sans examiner les moteurs et leurs commandes, la chute de l'avion étant pratiquement due à une perte de sa propulsion. Toutefois d'autres pistes pourraient s'orienter vers un malaise du pilote avec comme conséquence une action intempestive sur les commandes voire encore un défaut de celles-ci.

Comme cet avion n'est pas équipé d'enregistreurs de vol et qu'il n'y a aucun survivant, il va falloir se résoudre à aller repêcher l'épave. Sans être courante, une telle opération a déjà été réalisée par un robot de la marine nationale pour les boîtes noires du Boeing 737 de Sharm el Sheik et de l'A320 arménien de Sotchi. La difficulté viendra de la dimension et du poids d'une épave d'avion, bien plus grande qu'un boîtier électronique.

Sans préjuger des causes de cet accident, on peut rappeler qu'un autre crash de DHC-6 a eu lieu dans les DOM-TOM. C'était dans l'île de St Barth en 2001 lors de l'approche vers l'aéroport.

Voir ici.

Samedi 11 août 2007

Une ancienne habitude aéronautique veut qu'on fasse remonter un pilote rescapé d'un crash aussi vite que possible dans un avion pour lui éviter les séquelles psychologiques. C'est un peu ce principe qui a du guider les dirigeants d'Air Tahiti / Air Moorea en décidant de reprendre les vols à peine 24 heures après le crash. Pas uniquement pour les pilotes cette fois, mais aussi pour tous les Polynésiens.

En effet, dès 6h30, vendredi matin, les "Twin Otter" ont recommencé leurs navettes mais avec le "renfort" d'un copilote dans chacun des avions. Il s'agit là d'une "assurance supplémentaire qui est plus psychologique qu'autre chose", a indiqué Freddy Chanseau, le directeur général d'Air Moorea lors d'une conférence de presse, répondant ainsi à l'émoi ressenti depuis le drame chez un certain nombre de pilotes.

Cette mesure exceptionnelle durera le temps qu'il faut, ont laissé entendre les responsables de la compagnie, quand bien même la réglementation en vigueur pour ce qui concerne les "vols à vue", à la différence des "vols IFR", permet d'opérer avec un seul pilote.

Il est vrai qu'avec la météo de Polynésie et des vols de 7 minutes, un second pilote ne se justifie pas lorsque....tout va bien.

Par ailleurs, les équipes techniques ont procédé à des vérifications sur les deux "Twin Otter" restants à Tahiti, plus particulièrement au niveau des chaînes de commande de vol.

Enfin, pour lever le doute sur un éventuel malaise en vol, l'autopsie du corps du pilote va être effectuée.

Pas question cependant de chercher une quelconque "boîte noire", le Twin Otter n'en est pas équipé comme d'ailleurs tous les avions de moins de 20 places.

Dimanche 12 août 2007

Dès samedi, le secrétaire d'Etat à l'Outre Mer, Christian Estrosi est arrivé de Paris pour  apporter le soutien de la métropole et présenter les condoléances de toute la nation française.

De son côté, la Polynésie française a voulu rendre un vibrant hommage, samedi 11 août 2007  aux 20 victimes du crash.
Deux navires se sont rendus sur les lieux même du drame de Temae, au large de l’île de Moorea près de la piste d’aviation.
La frégate "Prairial" de la marine nationale a transporté à son bord des familles de victimes, le secrétaire d’Etat chargé de l’Outremer, Christian Estrosi, le président Gaston Tong Sang, les membres du gouvernement et de nombreuses personnalités du territoire. Un second bateau, le Tahiti Nui a transporté de nombreux sympathisants et des agents du service de l’équipement.
Comme le veut la tradition, après une prière dite à bord et des chants polynésiens, les personnalités et les familles des victimes ont lancé à la mer des bouquets et des colliers de fleurs de tiare.

Samedi, sur la grande place de Papeete, To'ata, à partir de 18 h, plus de 5000 personnes ont assisté à une veillée œcuménique dépassant les trois heures.

Discours, chants, musique et prières ont émaillé cette veillée à laquelle se sont associées la plupart des églises polynésiennes.

"Toute la Polynésie française est en deuil" a rappelé le président Gaston Tong Sang.

À la tombée de la nuit, des centaines de bougies ont été allumées par les participants, en mémoire des victimes du crash.

Quatorze corps ont été récupérés et rendus à leur famille. Six autres personnes demeurent disparues, prisonnières de l'avion et de l'océan.

Il n'y a désormais plus aucun espoir de les retrouver en vie.

*  *  *

Arrivés dans l'avion avec le secrétaire d'état, trois spécialistes du Bureau Enquête Accident "très expérimentés" selon Mr Estrosi puisqu'ils ont participé à l'enquête sur l'accident de la West Caribbean au Venezuela ainsi qu'à celui de Sharm el Sheik en Egypte.

Ils vont dénouer les fils pour tenter de comprendre les raisons du crash.

Mardi 14 aout 2007

L'enregistreur de conversation du Twin Otter d'Air Moorea ( à na pas confondre avec le CVR, la "boîte noire" connue qui équipe d'autres avions plus grands ou plus récents) a été localisé par 430 m de fond grâce à l'utilisation d'un appareil spécialisé apporté, samedi matin, à Tahiti, par l'équipe du BEA. Un autre équipement, encore plus performant, va arriver en Polynésie dès mardi et permettra d'affiner la zone de localisation.
A l'heure actuelle, la zone définie est "d'environ une centaine de mètres". La récupération de l'enregistreur ne sera pas simple, car celui-ci se trouve sur une pente très prononcée, dans un relief sous-marin accidenté.
Un comité interministériel doit se réunir prochainement à Paris pour choisir un moyen performant de levage et de récupération qui puisse être disponible rapidement car un  tel équipement n'existe pas en Polynésie française.

Alors, faudra-t-il faire venir un robot depuis la France ou en louer un auprès d'un pays étranger, mais plus proche de Tahiti ?


Pour sa part, le procureur de la République a  confirmé que l'autopsie réalisée sur le pilote permettait d'écarter a priori une "défaillance pathologique". Rien d'anormal n'ayant été décelé: pas de traces d'accidents vasculaires, pas de traces d'alcool non plus. Mais pour éliminer complètement l'hypothèse d'un malaise du pilote, des prélèvements vont être envoyés dans des laboratoires spécialisés en métropole, leurs résultats n'étant pas attendus avant quinze jours au moins.

 

Mercredi 15 aout 2007

 

Le ministère de l'Intérieur annonce l'envoi d'un navire câblier, "l'île de Ré" basé actuellement à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie vers la Polynésie pour renforcer les moyens de recherches de l'épave de l'avion.

L'"Ile de Ré", exploité par Alcatel, "dispose d'un robot d'exploration et de grues de relevage qui doivent permettre de réaliser l'ensemble des opérations techniques de localisation et de relevage", précise un communiqué publié  par Michèle Alliot-Marie.

Selon le secrétariat d'Etat à l'Outre-mer, "il pourrait être opérationnel en Polynésie sous quinzaine". "Les contacts sont donc pris pour aboutir le plus rapidement possible à la mobilisation de ce navire".

 

                   Chasse aux curieux, black-out sur les recherches

"Les recherches débuteront dès lundi 27 août pour une durée d'une semaine et se feront de jour comme de nuit. Pour des raisons de confidentialité de l'enquête judiciaire en cours, le survol aérien de la zone de recherche sera interdit. Une zone maritime a été délimitée sur laquelle il sera interdit de naviguer", annonce un communiqué hu Haut-commissariat de la Polynésie française.

 

Carte de la zone interdite

 

Le robot du navire câblier "île de Ré" qui permet d'opérer jusqu'à 2000 m de profondeur. Une de ses missions a été de repêcher par 1000 m de fond les deux enregistreurs du Boeing de Sharm el Sheik en Egypte, il y a trois ans.

 

 

 

 

Jeudi 29 août, "L'enregistreur de voix" a été repêché par le robot du navire câblier "île de Ré" à une profondeur de 699 m très précisément sur un fond en pente à 45°.

L'opération s'est révélée délicate mais le boîtier "en très bon état" a été ensuite envoyé à Paris au BEA où il est arrivé samedi 1er septembre.

Le week-end a ensuite été laborieux pour lire l'enregistrement; plus particulièrement la dernière minute concernant le vol de l'accident. Sans surprises, du moins on peut l'espérer, on entend très peu le pilote, seul à bord. Les sons des manipulations diverses dans le cockpit et le bruit des moteurs fourniront peut-être des indications, mais sans enregistrement des paramètres, la tâche ne sera pas facile, un peu comme avancer en aveugle. Aucune conclusion de peut encore être tirée quand aux causes de l'accident.

Par ailleurs, aucune trace des corps des 6 personnes manquantes n'a été repéré.

 

Notre secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, de passage à Tahiti et, n'en doutons pas, dûment qualifié en réglementation aéronautique internationale, a déjà proposé l'installation systématique d'un FDR sur ce type d'avion ( et  par la même occasion à tenter aussi de l'imposer à tous les DHC-6 de par le monde ?) ainsi qu'un second pilote en supprimant toutes les dérogations en cours.

Comme d'habitude, que ne ferait-on pas sous le coup de l'émotion et dans le tourbillon de l'actualité!

Le 14 septembre 2007, la Direction de l'Aviation Civile immobilise les avions d'Air Moorea

La Direction de l'aviation civile a décidé d'"immobiliser" à compter du 13 septembre tous les avions d'Air Moorea, d'Air Archipel ainsi que le Twin Otter d'Air Tahiti, basé aux îles Marquises et exploité par Air Moorea, a annoncé jeudi 13 septembre à Tahiti un communiqué de la Direction de l'Aviation Civile.

De plus, la Direction du contrôle de la sécurité de l'aviation civile a décidé "de suspendre" l'agrément de maintenance de l'atelier d'Air Moorea qui entretient les appareils de Air Moorea et Air Archipel, a précisé le communiqué.

Une mission d'inspection a constaté "des irrégularités dans les procédures d'entretien et des manquements concernant la traçabilité des pièces détachées".

Cette décision a donc conduit le service d'Etat "à suspendre les certificats de transporteur aérien (CTA) à Air Moorea et Air Archipel".

La Direction de l'aviation civile a précisé que cette décision "ne préjuge nullement des résultats de l'enquête judiciaire" sur l'accident du 9 août.

 

Le 18 septembre, 5 jours plus tard, silence radio du côté de la DGAC. Les avions d'Air Moorea et d'Air Archipel restent cloués au sol.

Le PDG de la compagnie explique dans la presse locale les raisons de cette interdiction.

Ne s'agirait-il pas tout simplement de l'application rétrospective d'un règlement de sécurité ? Effet parapluie oblige !

 

Le 18 / 9 / 2007

Air Moorea attend la décision de la DGAC pour reprendre ses vols en Twin Otter

(Tahitipresse) - Air Moorea, dont les avions sont cloués au sol suite à la perte de l'agrément autorisant la compagnie à effectuer des transports aériens, est toujours en attente d'une décision de la Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC) pour reprendre le chemin des airs. Le point avec le PDG de la compagnie, Marcel Galenon.
Tahitipresse: Le "plan d'action" proposé par Air Moorea a-t-il reçu l'aval de la DGAC?

Marcel Galenon: "Pour l'instant, nous n'avons pas reçu de réponse mais l'évaluation d'Air Tahiti n'est pas encore terminée. Donc nous ne devrions pas avoir de réponse avant demain. J'espère toutefois que celle-ci sera positive. Je n'ai aucune solution de secours".
Tahitipresse: Quels sont les principaux griefs formulés par la DGAC à l'encontre de la compagnie?
M.G: "Ils concernent surtout le contrôle qualité et notamment la traçabilité des pièces. C'est une procédure de plus en plus stricte depuis quelques années. Nous avions des pièces qui dataient de plus de quinze ans en magasin. Elles n'avaient jamais été utilisées. Sur ces pièces, nous n'avions pas les renseignements qui sont exigibles aujourd'hui alors qu'ils ne l'étaient pas au moment où nous avons stocké celles-ci (...) Quand on nous demande ce qui a été fait sur telle ou telle pièce, il y a quinze ans, nous sommes donc incapables de l'expliquer. Nous n'avons pas la traçabilité des pièces comme nous devrions l'avoir aujourd'hui".
Tahitipresse: C'est sur ces points que s'articule votre proposition de "plan d'action"?
M.G: "Oui. Nous avons proposé de bien suivre la traçabilité des pièces, mais aussi de mettre en place un complément de formation pour les personnels en charge de ce suivi. Les pièces qui n'avaient pas de traçabilité ont, quant à elles, été immédiatement retirées du magasin".
Tahitipresse: Le retrait de l'agrément de vol de la DGAC, est-il une procédure courante?
M.G: "Cela arrive, mais là,cela a été un peu brutal à mon sens. C'est peut-être psychologique après l'accident du mois dernier. En tous les cas, la DGAC est beaucoup plus pointilleuse qu'habituellement".
Tahitipresse: Avez-vous chiffré les pertes d'Air Moorea ces dernières semaines?
M.G: "Non, nous ne l'avons pas encore fait car ce n'est pas fini. Pour le moment je m'attache à rétablir la situation le plus vite possible mais le contexte est difficile".

 

Feu vert pour la reprise le 20 septembre

Enfin! Jeudi 20 septembre, Air Moorea a reçu la notification du rétablissement de l'agrément de son atelier de maintenance de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).

Ce rétablissement de l'agrément permet la reprise des opérations d'Air Moorea. Les vols reprendront au fur et à mesure de la sortie des Twin Otter et Beechcraft de leur visite de navigabilité. La mise en ligne des appareils s'étalera sur une dizaine de jours.

 

Depuis le 1er octobre, les avions d'Air Moorea à nouveau dans le ciel polynésien

(D'après Tahitipresse) - 02.10.2007. Les avions d'Air Moorea ont repris, le lundi 1er octobre, leurs rotations entre Tahiti et Moorea, plus de quinze jours après que la compagnie se soit vu retirer l'agrément de son atelier de maintenance par la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).

Pointilleuse, la DGAC avait relevé "plusieurs écarts dont des irrégularités dans les procédures d'entretien et des manquements concernant la traçabilité des pièces détachées" lors d'un contrôle dans l'atelier de maintenance d'Air Moorea, le 14 septembre.

La compagnie avec l'aide de sa maison mère, Air Tahiti, a effectué durant deux semaines un travail de mise à jour de ses stocks. Le 20 septembre, la DGAC a rétabli l'agrément de l'atelier de maintenance et le premier Twin Otter a pu retrouver le chemin des airs. Mais les clients habituels ne se sont pas bousculés au portillon, il faudra du temps pour que les Polynésiens reprennent sans appréhension la voie des airs.

Quant aux causes de l'accident, celles-ci ne sont toujours pas déterminées à l'heure actuelle. L'enquête est toujours en cours.

 

11 octobre 2007: Première piste pour tenter de comprendre

L’accident serait dû à une "usure" importante des câbles en acier équipant la commande de profondeur de l'appareil, révèle le Bureau d'enquêtes et d'Analyses (BEA).

"Lors des examens effectués en laboratoire dans le cadre de l'enquête, il a été constaté que les deux câbles de la commande de profondeur, en acier inoxydable, présentaient des zones fortement usées par frottement au passage des guides-câbles ".

"Ces usures s'accompagnant de ruptures de fils avaient réduit au-delà de 50% la section travaillante du câble sur certaines zones, mais ces zones d'usure étaient difficiles à identifier sans un examen approfondi".

 "Les câbles avaient été inspectés au moins deux fois depuis le 17 novembre 2006, au cours de visites de maintenance programmées", précise le BEA qui a adressé une "recommandation" à l'AESA, l'Agence Européenne de la Sécurité Aérienne ainsi qu'au BST: Bureau de la Sécurité des Transports du Canada, au titre d'état constructeur, afin de "contrôler au plus vite les câbles en acier inoxydable équipant la commande de profondeur des avions turbopropulseurs DHC-6 Twin Otter".

Le Pdg d'Air Moorea, Marcel Galenon, a réagi, jeudi, à la recommandation du BEA , en soulignant qu'il n'y avait pas eu de "rupture" des deux câbles de gouverne sur l'appareil accidenté, le 9 août dernier.

"Je n'ai jamais entendu au préalable parler d'usure de ces câbles. Je note aussi que ces zones étaient difficiles à identifier et que le BEA dit bien que le câble avait été vérifié au préalable deux fois. Je ne vois pas, en revanche, qu'ils parlent de "rupture' du câble et que cela serait la cause de l'accident".
Le câble inoxydable qui se trouvait sur le Twin Otter accidenté avait été changé "fin 2006" et "avait une durée de vie d'un an"
, souligne le Pdg d'Air Moorea.

Il y aurait de précédents problèmes de câbles

On peut lire ce CR d'accident sur le site du BST (BEA Canadien)

Havilland DHC-6-100 Twin Otter C-FDMR
56 nm au nord de Port Hardy
(Colombie-Britannique)
17 septembre 1994

Deux pilotes et deux passagers sont partis d'un camp de bûcherons, situé à Fish Egg Inlet (Colombie-Britannique), à bord d'un de Havilland DHC-6-100 sur flotteurs pour effectuer un vol d'affrètement à destination de la baie Pruth, située à 16 milles marins de là. Alors que l'hydravion se trouvait à 100 pieds-sol en montée, un câble de commande de la gouverne de profondeur s'est rompu. L'hydravion s'est cabré, a décroché et a plongé dans l'eau. Le commandant de bord, malgré ses blessures graves, a réussi à sortir de l'épave qui coulait; le copilote et les deux passagers se sont noyés. L'hydravion a été détruit par le choc et a coulé.

Le Bureau a déterminé que le câble d'abaissement de la gouverne de profondeur s'est rompu à la référence 376 sous l'effet de la corrosion, ce qui a provoqué une perte de maîtrise. La corrosion n'avait pas été décelée par le personnel de maintenance lors de la dernière inspection des câbles de l'hydravion.

Et aussi cette autre info paru sur le forum de Radiocockpit:

Le 21 juillet 1984, un DHC-6-300 exploité par South Pacific Island Airways s'est écrasé à Tau, (îles Manua) dans le Pacifique Sud. L'enquête sur cet accident mortel a révélé qu'un câble de gouverne de profondeur était corrodé et s'était rompu au niveau de la référence 376. Le câble rompu a été examiné par le laboratoire du National Transportation Safety Board (NTSB) à Washington, district de Columbia, aux États-Unis. Le rapport du NTSB indique que le câble était très corrodé là où la rupture s'est produite.

Après le rapport d'étape du BEA: "On peut supposer que c'est le câble", indique M. Galenon, le Pdg d'Air Moorea

(D'après Tahitipresse, 7 décembre 2007) - 
Rapport du BEA en pdf (13,5 Mo)

"A priori, il s'agit bien de la rupture d'un câble. On ne parle plus de malaise du pilote ou d'une faute de pilotage", relève le Pdg de la compagnie. "La durée de vie de ce type de câble est de cinq ans. En zone maritime, on le change tous les ans", souligne-t-il.
L'appareil ayant été remis à neuf, en novembre 2006, le câble n'aurait dû être changé qu'en novembre 2007, ajoute le Pdg, en affirmant que la compagnie a bien respecté "les procédures données par le constructeur".

Différents types de câbles
Reste à savoir pourquoi le câble a ainsi cédé. "Des investigations doivent encore être faites", indique Marcel Galenon. "A la lecture du rapport, on peut supposer que c'est le câble (...) La compagnie fait des contrôles largement supérieurs à ce que prévoit la réglementation", poursuit-il.
L'appareil accidenté était le seul de la compagnie à être équipé de câbles en acier inoxydable, les autres Twin Otter d'Air Moorea étant eux dotés de câbles en acier-carbone.
"Le BEA fait du bon travail. Ils ont rendu le rapport d'étape rapidement. On va vers la vérité. C'est ce qu'attendent les familles des victimes, c'est ce qu'attend la société et c'est ce qu'attendent les clients", a conclu Marcel Galenon.

 

 

Crash d'Air Moorea: les câbles de commande de nouveau pointés du doigt

(Tahitipresse, 7 décembre 2007) - Le rapport d'étape du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), rendu public jeudi à Paris, met en évidence plusieurs ruptures des câbles de commande du Twin Otter d'Air Moorea.

A 12h01 minute et neuf secondes (heure de Tahiti), selon le rapport d'étape du BEA, "le pilote pousse une exclamation de surprise" et plusieurs alarmes se déclenchent dans la foulée avant que l'appareil ne percute la surface de l'eau, onze secondes plus tard. "Pendant la descente, deux bruits sont identifiés comme des actions sur les commandes de vol mais la trajectoire à piquer de l'avion (...) ne se redresse pas", écrivent les enquêteurs du BEA avant d'ajouter que "les morceaux de l'avion et leur dispersion témoignent de la violence du choc" et que "dans de telles conditions, l'accident n'offrait aucun espoir de survie aux occupants de l'avion".

Perte de contrôle de l'avion "au moment de la rentrée des volets"


Le document "confirme que la perte de contrôle de l'avion se situe au moment de la rentrée des volets" et constate la rupture, en plusieurs endroits, des câbles de commande du Twin Otter. "Les deux câbles de commande de profondeur et les deux câbles de commande de direction se sont rompus dans une zone située à l'avant de l'avion. Le câble de commande à cabrer présente une deuxième rupture située en partie arrière de l'avion dont l'apparence est différente de celle des autres ruptures et il manque un morceau de ce câble d'une longueur de 8,8 mètres", notent les agents du BEA. En revanche, "aucun dépôt, trace de corrosion avec marque d'usure n'a été observé au droit des zones rompues".


Des câbles d'une durée de vie d'un an "en atmosphère saline"


Sur ce genre d'appareil, "deux types de câble peuvent être installés": "en acier carbone" ou en "acier inoxydable" comme c'était le cas sur l'avion d'Air Moorea. "La durée de vie normale de ces câbles est de cinq ans mais leur utilisation en atmosphère saline est limitée à un an", soulignent en outre les experts.
"Sur le F-OIQI, l'ensemble des câbles (ailerons, direction et profondeur) avait été changé chez Fayard Entreprises le 11 mars 2005. Des câbles en acier inoxydable avaient été installés (...) Pendant les travaux chez Rocky Mountain (ndlr, en Amérique du Nord), les câbles avaient été démontés, contrôlés et remontés, à l'exception des câbles d'ailerons trouvés endommagés du fait d'un double croisement et changés", écrivent encore ceux-ci.

 

D'après Tahitipresse

Crash d'Air Moorea: une cascade de causes " contributives "


(Tahitipresse) - Sans se prononcer sur les responsabilités, [réservé à la Justice et à ses experts judiciaires], le rapport définitif du BEA (Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile) indique des "causes contributives" à l'usure confirmée du câble de commande de la gouverne de profondeur du Twin Otter d'Air Moorea qui s'est crashé le 9 août 2007. Les familles, encore sous le choc, ont été les premières à en prendre connaissance.
[...]

Les familles attendent l'enquête judiciaire

En conséquence des constats de l'enquête, relativement à ces différents points, le document émet six recommandations de sécurité au constructeur, aux autorités de navigabilité et à la compagnie aérienne a encore énoncé le Haut-Commissaire, M. Boullard en précisant que cette enquête, étant purement administrative, cherchait à déterminer les causes de l'accident mais en aucun cas à définir des responsabilités.

Le rapport a été très clair", explique l'un des représentants des familles de victimes en précisant que la tension n'est pas tombée. "On est encore sous le choc ", exprime un autre, après la projection d'une simulation de l'accident qui les a replongés dans les circonstances du drame. "Le pénal va arriver et on va suivre de très près parce que là, ces défauts de maintenance qui ressortent tout le temps, c'est intolérable. Donc, il y aura des responsabilités, forcément".

Nicolas Fourreau, président de l'association des victimes du crash d'Air Moorea explique pour sa part qu' " il y a manifestement des fautes d'une structure, d'une personne morale, d'une entreprise qui n'a pas travaillé correctement. Il faut mettre cela en évidence pour que cela ne se reproduise pas".

Un probable effet de "jet blast"

Au moment de la rentrée des volets, la rupture du câble de commande de la gouverne de profondeur est la cause directe de l'accident, comme l'avait déjà précisé un rapport d'étape du BEA, en décembre 2007. L'analyse a en effet montré que le câble en acier inoxydable de cette gouverne présente des zones d'usure importante, "de l'ordre de 50%".

Le rapport notant "la prise en compte incomplète par le constructeur, et l'autorité de navigabilité du phénomène d'usure", M. Boullard a néanmoins précisé que la seule pression du pilote (env. 50kg maximum) sur les commandes de l'appareil ne pouvait pas justifier sa rupture, seule une autre cause, de l'ordre de 500 kg a pu causer la rupture finale du câble.

Pour les inspecteurs, il pourrait s'agir d'un effet de "jet blast", autrement dit, l'effet du souffle de réacteur d'un gros porteur. Le Twin Otter F-OIQI, comme les autres appareils de la compagnie y stationnait la nuit. Le rapport du BEA note, à ce propos "la prise en compte incomplète par les autorités de navigabilité, les exploitants aéroportuaires et les exploitants d'aéronef, des risques liés au souffle des réacteurs".

Mais aussi une déficience d'inspection

Le rapport pointe également l'absence d'inspection spéciale de ce type de câble, en acier inoxydable, dans un environnement soumis à l'air marin. Une absence due à une modification du planning de maintenance de l'appareil par laquelle cette nécessité a été "oubliée". Ces câbles avaient été installés, neufs, le 11 mars 2005, et avaient été déposés et reposés en octobre 2006, avant la livraison de l'avion à Air Moorea. Le programme d'inspection et de remplacement est le même que pour les câbles en acier carbone, moins sujets à la rupture, mais plus sensibles à la corrosion. Une intervention de surveillance, effectuée le 6 mars 2007, " n'avait pas fait apparaître de dysfontionnement de l'organisme d'entretien pouvant porter atteinte à la sécurité des vols", précise toutefois le rapport qui met en cause, cependant, les règles de remplacement des câbles en acier inoxydable.

Parmi les autres facteurs ayant pu contribuer à l'issue dramatique de l'accident, le rapport du BEA mentionne également " l'absence d'information des pilotes sur une perte de contrôle en tangage". Alain Boullard a toutefois expliqué que cela n'est pas spécifique à Air Moorea. La compagnie domestique, quant à elle, indique ce mercredi dans un communiqué qu'elle "a toujours manifesté sa volonté de connaître les causes" de cet accident et qu'elle a déjà pris en compte les recommandations émises par le BEA.

Pour consulter le rapport définitif du BEA: www.bea.aero

A voir aussi sur ce site, l'analyse d'un Cdt de Bord: http://henrimarnetcornus.20minutes-blogs.fr/

 


du 18 avril 2009

 7 personnes mises en examen

Le procureur de la République informe que sept cadres dirigeants et responsables techniques de la compagnie Air Moorea ainsi que l'ancien directeur de l'Aviation Civile en Polynésie Française ont été mis en examen.

Dans le cadre de l'information judiciaire ouverte au cabinet de monsieur Jean-François Redonnet, vice président chargé des fonctions de l'instruction près le Tribunal de Première Instance de Papeete, du chef d'homicide involontaire suite à la catastrophe aérienne du Twin Otter de la compagnie d'Air Moorea du 9 août 2007, les officiers de police judiciaire du commandement de la gendarmerie pour la Polynésie française et de la gendarmerie des Transports Aériens saisis conjointement par commission rogatoire ont procédé cette semaine à l'audition, sous le régime de la garde à vue, de sept cadres dirigeants et responsables techniques de la compagnie Air Moorea et de l'ancien directeur de l'Aviation Civile en Polynésie Française.

A l'issue de ces gardes à vue, messieurs :

1/ Guy YEUNG, directeur du service de l'Etat de l'aviation civile en Polynésie française à l'époque de l'accident ;
2/ Freddy CHANSEAU, directeur général d'Air Moorea à l'époque de l'accident ;
3/ Jacques GOBIN, Directeur Technique d'Air Moorea ;
4/ Jean-Pierre TINOMANO, Responsable de production d'Air Moorea ;
5/ Stéphane LOISEL, Responsable du bureau d'étude et de documentation à Air Moorea ;
6/ Didier QUEMENEUR, Contrôleur de production et contrôleur qualité d'Air Moorea ;
ont été mis en examen du chef d'homicide involontaire.


A l'occasion de ces investigations, deux officiers de la section de recherches de la gendarmerie des Transports Aériens de Paris Charles De Gaulle se sont déplacés en Polynésie française.

 

 

du 26 aout 2009

http://www.tahitipresse.pf/2009/08/crash-dair-moorea-un-dossier-accablant-pour-la-partie-civile/

Expertise judiciaire: un dossier "accablant"!

Les proches des vingt victimes ont été reçu mercredi à une réunion d'informations au palais de Justice de Papeete durant plus de deux heures par les membres du parquet de Papeete et les enquêteurs chargés des investigations sur le crash du Twin Otter.

Les proches des vingt victimes ont exprimé leur colère au sortir de ce point de situation, à l'image de Nicolas Fourreau, le président de l'association "9-8-7" qui regroupe les familles de victimes: "Il y a des rapports définitifs d'experts qui ont été ajoutés au dossier. Ils ont révélé des dysfonctionnements majeurs et montré que les cadres dirigeants étaient incompétents. Qu'ils ignoraient certaines bases essentielles à l'exploitation du Twin Otter ", s'est offusqué celui-ci.

Pour l'avocat de l'une des familles, Me Cazeres, les investigations ont en effet permis "des avancées significatives qui vont bien au delà de ce qui avait été analysé par le Bureau Enquêtes et Analyses -BEA-".  Selon le conseil, "il apparaît que la compagnie Air Moorea est très très impliquée",  la catastrophe étant la résultante "d'un ensemble de négligences  et d'incompétences "  attribué aux cadres de la compagnie.

"Défauts d'entretien et inimitiés"

Un avis partagé par une source proche du dossier : "Les experts ont examiné toutes les hypothèses même les plus extrêmes (…) Ils sont tous absolument catégoriques pour dire que c'est le câble de gouverne qui s'est cassé. Il y a eu des défauts d'entretien, une mauvaise organisation mais aussi des inimitiés entre certains salariés qui ont fait que l'un donnait des instructions qui n'étaient pas suivies par l'autre".

L'ensemble de ces éléments poussent les proches des victimes à s'interroger sur "l'état actuel de la compagnie". " Certains des cadres sont toujours en place aujourd'hui. On  peut donc légitimement s'inquiéter sur la sécurité à bord. Il va falloir que l'on intervienne auprès du BEA pour qu'il prenne les mesures nécessaires pour savoir si oui ou non la compagnie peut toujours voler", a ainsi expliqué Nicolas Fourreau.

Six personnes mises en examen

A l'heure actuelle, 6 personnes sont mises en examen dont plusieurs membres de la direction de la compagnie mais aussi l'ancien responsable de l'Aviation Civile en Polynésie. D'autres nouvelles mises en examen pourraient suivre selon un proche de l'enquête.

*     *    *

Le lendemain, 27 aout, en effet, la compagnie "Air Moorea" a été mise en examen en tant que personne morale pour homicides involontaires.

Si elle était reconnue responsable, la compagnie pourrait être condamnée "à une interdiction d'exercer ou à de très lourdes amendes", ajoute Nicolas Foureau qui précise "que l'instruction pourrait être close dans six mois, après l'inculpation de deux autres responsables de la compagnie".

 

 

 

 

http://www.tahitipresse.pf/2009/10/crash-dair-moorea-deux-avocats-des-familles-de-victimes-demandent-une-expertise-psychologique/

Deux  avocats  des familles  de victimes demandent une expertise psychologique

Le 23 octobre 2009, deux avocats métropolitains, spécialisés dans les accidents aériens, sont venus demander au juge de Tahiti d'ordonner une "expertise psychiatrique et psychologique" des proches des victimes du crash. Maître Lienhard, l'un des deux avocats, s'inspire ainsi de son action dans le crash du Mont Sainte Odile où il avait demandé l'attribution d'un préjudice spécifique aux familles. Lequel avait été refusé au prétexte que les experts psychiatres s'étaient prononcés trop tardivement, certains 14 ans après l'accident, pour émettre un diagnostic pertinent.

"Le choc émotionnel a créé des dégâts et ce sont ces dégâts qu'il faut mesurer et non pas nier comme le font généralement les assureurs des compagnies aériennes", martèle Maître Gérard Montigny, le second avocat.

 

 

9 décembre 2009

l'article original ICI

La Justice favorable à la demande des familles d'une expertise psychologique

Le juge de la mise en état du tribunal civil de première instance de Papeete a répondu favorablement à la demande d'une expertise psychologique et psychiatrique formulée par plusieurs familles des victimes. Une requête dont l'objectif est de quantifier le traumatisme subi par les proches des disparus pour déterminer de possibles réparations.

"Le juge a reconnu qu'il était souhaitable, pour appuyer les futures décisions, qu'il y ait une expertise", se félicite aujourd'hui Nikolaz Fourreau, président de l'association 9-8-7 qui regroupe les familles des victimes. Des analyses psychologiques qui détermineront "un pourcentage de traumatisme (…) qui servira probablement à nos avocats pour demander une compensation puisque notre vie a été profondément modifiée (…) On a des perturbations au quotidien. Il faut le reconnaître", ajoute-t-il.

"Les tribunaux font référence à une nomenclature nouvelle"

La décision du juge de la mise en état va dans le sens de la doctrine judiciaire actuelle alors qu'il y a encore peu de temps, l'impact psychologique et psychiatrique engendré par ce type de tragédie n'avait pas de répercussion directe sur le montant des réparations versées par les assurances à l'entourage des victimes. Le procès du Mont Sainte Odile est explicite dans ce sens.

"Maintenant, les tribunaux font référence à une nomenclature nouvelle (…) Cela autorise les tribunaux à chiffrer les préjudices qui sont évalués, en général, par les experts, de 1 à 7", explique le bâtonnier Antz, avocat de plusieurs familles.

L'expertise payée par l'assureur d'Air Moorea

Une dizaine de proches bénéficieront de cette expertise mais d'autres familiers pourraient, à terme, être concernés. Le coût de cette étude, qui doit être réalisée pour le mois de mai 2010, reviendra entièrement à l'assureur de la compagnie domestique polynésienne.

Quant à la tenue du procès, le calendrier n'est pas encore arrêté, même si l'instruction du dossier est sur le point d'être achevée. Les familles souhaitent pour leur part que celui-ci se déroule au plus tard  au deuxième semestre 2010.

PS: Pour en savoir plus sur le préjudice spécifique et psychologique des familles de victimes, lire avec intérêt les interventions des experts dans le compte rendu du procès en Appel du crash du Mont Sainte Odile: ICI

 

La chambre de l'instruction annule l'ordonnance du juge Redonnet

La chambre de l’instruction a annulé, hier, l’ordonnance du juge d’instruction Jean- François Redonnet qui refusait la demande de contre-expertise réclamée par les personnes mises en examen dans le cadre du dossier du crash du Twin Otter d’Air Moorea, le 9 août 2007. Un jugement de “bon sens” pour l’avocat de la compagnie, Me Piriou, qui met notamment en avant les conclusions contradictoires entre les experts judiciaires et les enquêteurs du Bureau d’Enquêtes et d’Analyses (BEA) quant aux raisons de la rupture du câble de gouverne.

“Les experts judiciaires retiennent l’hypothèse que la rupture du câble serait intervenue au moment de la remontée de l’épave” et non “en vol”, “une différence fondamentale”, qui écarterait la thèse d’un mauvais entretien de l’appareil, selon le conseil. “Il était parfaitement normal que face à des telles contradictions, dans l’intérêt du dossier, dans l’intérêt de tout le monde, une expertise soit ordonnée”, a-t-il ajouté. Cette décision repousse donc encore un peu plus la date d’un procès très attendu par les familles de victimes. “Les 20 morts sont définitifs donc, eux, ont l’éternité devant eux. Nous, on a quelques années (…) Je ne voudrais pas que ça dure trop longtemps parce qu’effectivement, c’est difficile à supporter”, a déclaré de son côté Nicolaz Fourreau, le président de l’association 9-8-7 qui regroupe les proches des victimes. “Quand il y a une faiblesse dans un dossier et quand il y a beaucoup d’éléments à charge, il faut chercher la moindre lueur d’espoir pour les mis en examen pour se défendre”, a jugé celui-ci.

 

 

La preuve de l'utilité de DEUX enquêtes séparées effectuées par des experts différents, alors que le BEA aimerait bien revenir à l'expertise unique diligentée par ses soins, bien entendu. La cause de la rupture du câble serait ainsi entérinée!!!