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Un DHC-6 Twin Otter de la compagnie aérienne "Air
Moorea" assurant régulièrement la liaison Tahiti-Moorea s'est
abîmé en mer juste après son décollage de l'aéroport de Temae à
Moorea, jeudi 9 août 2007 aux environs de 12h30, heures locales.
19 passagers et le pilote avaient pris place à
bord et tous ont disparu avec l'appareil par 700 à 800 mètres de
fond à moins de 2 km de la côte.
Les corps repêchés par les secours étaient
remontés à la surface et laissaient penser que la carlingue
s'était désagrégée après l'impact avec l'eau.
L'avion,
immatriculé F-OIQI avait été construit en 1979 mais
n'était exploité par "Air Moorea" que depuis novembre 2006 après
avoir subi "un reconditionnement à neuf" selon le directeur de
la compagnie et une visite technique en juillet dernier.
Selon un
témoin, l'avion aurait eu du mal à prendre de l'altitude. Selon
un autre qui se baignait à proximité, les deux moteurs se
seraient subitement arrêtés après avoir fait un "drôle de
bruit". L'avion a alors chuté brutalement.
Air
Moorea effectue principalement des vols entre Tahiti et Moorea
parmi les plus courts qui soient: 7 minutes de vol. Une
vingtaine de liaisons journalières ont lieu dans chaque sens. |
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Deux vues du DHC-6 "Twin Otter" F OIQI accidenté |
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La
liaison Tahiti-Faaa vers Moorea-Temae dont on voit la piste emprunté
jeudi. Tahiti est au fond |
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Le
vol entre les deux aéroports est un des plus courts qui soit: 7
minutes avec un seul pilote aux commandes. |
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L'aménagement de la cabine du "Twin" est prévu pour 19 passagers |
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A gauche, décollage de Faaa vers Temae. On remarque bien à droite la
disposition particulière de la manette des gaz sur le DHC-6 |
C'est après la barrière de corail, dans
la zone bleue foncé que s'est abîmé l'avion d'Air Moorea juste
quelques instants après son décollage.
L'île de Tahiti est située à gauche de
l'image. |
| Les photos de cet accident pour la plupart
de l'agence www.Tahitipress.pf. Elles sont d'ailleurs siglées.

Militaires, secouristes, pompiers et bénévoles sont intervenus
rapidement sur les lieux de l'accident |
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Les débris de l'avion rassemblés sur la rive |
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Les premiers corps repêchés sont évacués vers une chapelle ardente. |
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Le Président de la Polynésie
française, Gaston Ton Sang (à gauche sur la photo)
et les autorités de Polynésie arrivées sur les lieux
constatent que jamais encore en Polynésie un
accident d'avion n'avait fait autant de victimes.
Dans l'île de Tahiti, le traumatisme dans la
population est général, la ligne de Tahiti à Moorea
était fréquentée par de très nombreux Polynésiens.
Les
familles ont été accueillies par plusieurs médecins
et psychologues qui se sont tenus à leur
disposition.
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La compagnie aérienne Air Tahiti / Air Moorea a rapidement fait
paraitre plusieurs communiqués d'informations et a diffusé aussi
rapidement dans la presse et donc sur le web les noms des passagers
et du pilote.

Deux jours de deuil ont également été décidés dans
toute la Polynésie. |
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Le BEA a envoyé quatre enquêteurs sur place depuis Paris. Le temps
qu'ils prennent leurs fonctions et qu'ils
décident du sort de l'épave,
l'enquête est loin d'être close.
Il
sera d'ailleurs difficile de comprendre les
causes de l'accident sans examiner les moteurs
et leurs commandes, la chute de l'avion étant
pratiquement due à une perte de sa propulsion.
Toutefois d'autres pistes pourraient s'orienter
vers un malaise du pilote avec comme conséquence
une action intempestive sur les commandes voire
encore un défaut de celles-ci.
Comme cet avion n'est pas équipé d'enregistreurs
de vol et qu'il n'y a aucun survivant, il va
falloir se résoudre à aller repêcher l'épave.
Sans être courante, une telle opération a déjà
été réalisée par un robot de la marine nationale
pour les boîtes noires du Boeing 737 de Sharm el
Sheik et de l'A320 arménien de Sotchi. La
difficulté viendra de la dimension et du poids
d'une épave d'avion, bien plus grande qu'un
boîtier électronique.
Sans préjuger
des causes de cet accident, on peut rappeler
qu'un autre crash de DHC-6 a eu lieu dans les
DOM-TOM. C'était dans l'île de St Barth en 2001
lors de l'approche vers l'aéroport.
Voir
ici.
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Samedi 11 août 2007
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Une ancienne habitude aéronautique
veut qu'on fasse remonter un pilote rescapé d'un crash aussi vite
que possible dans un avion pour lui éviter les séquelles
psychologiques. C'est un peu ce principe qui a du guider
les dirigeants d'Air Tahiti / Air Moorea en décidant de
reprendre les vols à peine 24 heures après le crash. Pas
uniquement pour les pilotes cette fois, mais aussi pour
tous les Polynésiens.
En effet, dès 6h30, vendredi matin, les "Twin Otter" ont
recommencé leurs navettes mais avec le "renfort" d'un
copilote dans chacun des avions. Il s'agit là d'une "assurance supplémentaire
qui est plus psychologique qu'autre chose", a indiqué
Freddy Chanseau, le directeur général d'Air Moorea lors
d'une conférence de presse,
répondant ainsi à l'émoi ressenti depuis le drame chez
un certain nombre de pilotes.
Cette
mesure exceptionnelle durera le temps qu'il faut, ont
laissé entendre les responsables de la compagnie, quand bien même la
réglementation en vigueur pour ce qui concerne les "vols
à vue", à la différence des "vols IFR", permet d'opérer
avec un seul pilote.
Il est vrai qu'avec la météo de Polynésie et des vols de
7 minutes, un second pilote ne se justifie pas
lorsque....tout va bien.
Par ailleurs, les équipes techniques ont procédé à des
vérifications sur les deux "Twin Otter" restants à
Tahiti, plus particulièrement au niveau des chaînes de
commande de vol.
Enfin, pour lever le doute sur un éventuel malaise en
vol, l'autopsie du corps du pilote va être effectuée.
Pas question cependant de chercher une quelconque "boîte
noire", le Twin Otter n'en est pas équipé comme
d'ailleurs tous les avions de moins de 20 places. |
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Dimanche 12 août 2007 |
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Dès samedi, le
secrétaire d'Etat à l'Outre Mer, Christian Estrosi est arrivé
de Paris pour
apporter le soutien de la métropole et présenter les condoléances de
toute la nation française.

De son côté, la
Polynésie française a voulu rendre un vibrant hommage, samedi 11
août 2007 aux 20 victimes du crash.
Deux navires se sont rendus sur les lieux même du drame de Temae, au
large de l’île de Moorea près de la piste d’aviation.
La frégate "Prairial" de la marine nationale a transporté à son bord
des familles de victimes, le secrétaire d’Etat chargé de l’Outremer,
Christian Estrosi, le président Gaston Tong Sang, les membres du
gouvernement et de nombreuses personnalités du territoire. Un second
bateau, le Tahiti Nui a transporté de nombreux sympathisants et des
agents du service de l’équipement.
Comme le veut la tradition, après une prière dite à bord et des
chants polynésiens, les personnalités et les familles des victimes
ont lancé à la mer des bouquets et des colliers de fleurs de tiare. |

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Samedi, sur la grande place de
Papeete, To'ata, à partir de 18 h, plus de 5000
personnes ont assisté à une veillée œcuménique dépassant
les trois heures.
Discours,
chants, musique et prières ont émaillé cette veillée à
laquelle se sont associées la plupart des églises
polynésiennes.
"Toute la
Polynésie française est en deuil" a rappelé le président
Gaston Tong Sang.
À la tombée
de la nuit, des centaines de bougies ont été allumées
par les participants, en mémoire des victimes du crash.
Quatorze
corps ont été récupérés et rendus à leur famille. Six
autres personnes demeurent disparues, prisonnières de
l'avion et de l'océan.
Il n'y a
désormais plus aucun espoir de les retrouver en vie. |
* * *
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Arrivés dans l'avion avec le
secrétaire d'état, trois spécialistes du Bureau
Enquête
Accident "très expérimentés" selon Mr Estrosi puisqu'ils
ont participé à l'enquête sur l'accident de la West
Caribbean au Venezuela ainsi qu'à celui de Sharm el
Sheik en Egypte.
Ils vont
dénouer les fils pour tenter de comprendre les raisons
du crash. |
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L'enregistreur de conversation du Twin
Otter d'Air Moorea ( à na pas confondre avec le CVR, la
"boîte noire" connue qui équipe d'autres avions plus grands
ou plus récents) a été localisé par 430 m de fond grâce à
l'utilisation d'un appareil spécialisé apporté, samedi
matin, à Tahiti, par l'équipe du BEA. Un autre équipement,
encore plus performant, va arriver en Polynésie dès mardi et
permettra d'affiner la zone de localisation.
A l'heure actuelle, la zone définie est "d'environ une
centaine de mètres". La récupération de l'enregistreur ne
sera pas simple, car celui-ci se trouve sur une pente très
prononcée, dans un relief sous-marin accidenté.
Un comité interministériel doit se réunir prochainement à
Paris pour choisir un moyen performant de levage et de
récupération qui puisse être disponible rapidement car un
tel équipement n'existe pas en Polynésie française.
Alors,
faudra-t-il faire venir un robot depuis la France ou en
louer un auprès d'un pays étranger, mais plus proche de
Tahiti ?
Pour sa part, le procureur de la République a confirmé
que l'autopsie réalisée sur le pilote permettait d'écarter a
priori une "défaillance pathologique". Rien d'anormal
n'ayant été décelé: pas de traces d'accidents vasculaires,
pas de traces d'alcool non plus. Mais pour éliminer
complètement l'hypothèse d'un malaise du pilote, des
prélèvements vont être envoyés dans des laboratoires
spécialisés en métropole, leurs résultats n'étant pas
attendus avant quinze jours au moins.
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Mercredi 15 aout 2007 |
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Le
ministère de l'Intérieur annonce l'envoi d'un navire câblier, "l'île
de Ré" basé actuellement à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie vers la
Polynésie pour renforcer les moyens de recherches de l'épave de
l'avion.
L'"Ile de Ré",
exploité par Alcatel, "dispose d'un robot d'exploration et de grues
de relevage qui doivent permettre de réaliser l'ensemble des
opérations techniques de localisation et de relevage", précise un
communiqué publié par Michèle Alliot-Marie.
Selon le secrétariat
d'Etat à l'Outre-mer, "il pourrait être opérationnel en Polynésie
sous quinzaine". "Les contacts sont donc pris pour aboutir le plus
rapidement possible à la mobilisation de ce navire". |
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Chasse aux curieux, black-out sur les recherches
"Les recherches débuteront dès lundi 27 août pour une
durée d'une semaine et se feront de jour comme de nuit.
Pour des raisons de confidentialité de l'enquête
judiciaire en cours, le survol aérien de la zone de
recherche sera interdit. Une zone maritime a été
délimitée sur laquelle il sera interdit de naviguer",
annonce un communiqué hu Haut-commissariat de la
Polynésie française.
Carte de la zone interdite
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Le robot du navire câblier "île de Ré" qui permet
d'opérer jusqu'à 2000 m de profondeur. Une de ses
missions a été de repêcher par 1000 m de fond les deux
enregistreurs du Boeing de Sharm el Sheik en Egypte, il
y a trois ans.
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Jeudi 29 août,
"L'enregistreur de voix" a été repêché par le robot du
navire câblier "île de Ré" à une profondeur de 699 m
très précisément sur un fond en pente à 45°.
L'opération
s'est révélée délicate mais le boîtier "en très bon
état" a été ensuite envoyé à Paris au BEA où il est
arrivé samedi 1er septembre.
Le week-end a
ensuite été laborieux pour lire l'enregistrement; plus
particulièrement la dernière minute concernant le vol de
l'accident. Sans surprises, du moins on peut l'espérer,
on entend très peu le pilote, seul à bord. Les sons des
manipulations diverses dans le cockpit et le bruit des
moteurs fourniront peut-être des indications, mais sans
enregistrement des paramètres, la tâche ne sera pas
facile, un peu comme avancer en aveugle. Aucune
conclusion de peut encore être tirée quand aux causes de
l'accident.
Par ailleurs,
aucune trace des corps des 6 personnes manquantes n'a
été repéré.
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Notre secrétaire
d'Etat à l'Outre-mer, de passage à Tahiti et, n'en
doutons pas, dûment qualifié en réglementation
aéronautique internationale, a déjà
proposé l'installation systématique d'un FDR sur ce type
d'avion ( et par la même occasion à tenter aussi
de l'imposer à tous les DHC-6 de par le monde ?) ainsi
qu'un second pilote en supprimant toutes les dérogations
en cours.
Comme
d'habitude, que ne ferait-on pas sous le coup de
l'émotion et dans le tourbillon de l'actualité! |
Le 14
septembre 2007, la Direction de l'Aviation Civile
immobilise les avions d'Air Moorea
La Direction de l'aviation civile a décidé
d'"immobiliser" à compter du 13 septembre tous les
avions d'Air Moorea, d'Air Archipel ainsi que le
Twin Otter d'Air Tahiti, basé aux îles Marquises et
exploité par Air Moorea, a annoncé jeudi 13
septembre à Tahiti un communiqué de la Direction de
l'Aviation Civile.
De plus, la Direction du contrôle de la sécurité de
l'aviation civile a décidé "de suspendre" l'agrément
de maintenance de l'atelier d'Air Moorea qui
entretient les appareils de Air Moorea et Air
Archipel, a précisé le communiqué.
Une mission d'inspection a constaté "des
irrégularités dans les procédures d'entretien et des
manquements concernant la traçabilité des pièces
détachées".
Cette décision a donc conduit le service d'Etat "à
suspendre les certificats de transporteur aérien
(CTA) à Air Moorea et Air Archipel".
La Direction de l'aviation civile a précisé que
cette décision "ne préjuge nullement des résultats
de l'enquête judiciaire" sur l'accident du 9 août. |
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Le
18 septembre, 5 jours plus tard, silence radio du côté
de la DGAC. Les avions d'Air Moorea et d'Air Archipel
restent cloués au sol.Le PDG de la compagnie explique
dans la presse locale les raisons de cette interdiction.
Ne s'agirait-il pas tout simplement de l'application
rétrospective d'un règlement de sécurité ? Effet
parapluie oblige ! |
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Le
18 / 9 / 2007
Air Moorea attend la
décision de la DGAC pour reprendre ses vols en Twin
Otter
(Tahitipresse) - Air Moorea, dont les avions sont
cloués au sol suite à la perte de l'agrément
autorisant la compagnie à effectuer des transports
aériens, est toujours en attente d'une décision de
la Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC)
pour reprendre le chemin des airs. Le point avec le
PDG de la compagnie, Marcel Galenon.
Tahitipresse: Le "plan d'action" proposé par Air
Moorea a-t-il reçu l'aval de la DGAC?
Marcel Galenon: "Pour l'instant, nous n'avons pas
reçu de réponse mais l'évaluation d'Air Tahiti n'est
pas encore terminée. Donc nous ne devrions pas avoir
de réponse avant demain. J'espère toutefois que
celle-ci sera positive. Je n'ai aucune solution de
secours".
Tahitipresse: Quels sont les principaux griefs
formulés par la DGAC à l'encontre de la compagnie?
M.G: "Ils concernent surtout le contrôle qualité et
notamment la traçabilité des pièces. C'est une
procédure de plus en plus stricte depuis quelques
années. Nous avions des pièces qui dataient de plus
de quinze ans en magasin. Elles n'avaient jamais été
utilisées. Sur ces pièces, nous n'avions pas les
renseignements qui sont exigibles aujourd'hui alors
qu'ils ne l'étaient pas au moment où nous avons
stocké celles-ci (...) Quand on nous demande ce qui
a été fait sur telle ou telle pièce, il y a quinze
ans, nous sommes donc incapables de l'expliquer.
Nous n'avons pas la traçabilité des pièces comme
nous devrions l'avoir aujourd'hui".
Tahitipresse: C'est sur ces points que s'articule
votre proposition de "plan d'action"?
M.G: "Oui. Nous avons proposé de bien suivre la
traçabilité des pièces, mais aussi de mettre en
place un complément de formation pour les personnels
en charge de ce suivi. Les pièces qui n'avaient pas
de traçabilité ont, quant à elles, été immédiatement
retirées du magasin".
Tahitipresse: Le retrait de l'agrément de vol de la
DGAC, est-il une procédure courante?
M.G: "Cela arrive, mais là,cela a été un peu brutal
à mon sens. C'est peut-être psychologique après
l'accident du mois dernier. En tous les cas, la DGAC
est beaucoup plus pointilleuse qu'habituellement".
Tahitipresse: Avez-vous chiffré les pertes d'Air
Moorea ces dernières semaines?
M.G: "Non, nous ne l'avons pas encore fait car ce
n'est pas fini. Pour le moment je m'attache à
rétablir la situation le plus vite possible mais le
contexte est difficile". |
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Feu vert pour la reprise le 20
septembre
Enfin! Jeudi 20 septembre, Air Moorea a reçu la
notification du rétablissement de l'agrément de son
atelier de maintenance de la Direction générale de
l'aviation civile (DGAC).
Ce rétablissement de l'agrément permet la reprise
des opérations d'Air Moorea. Les vols reprendront au
fur et à mesure de la sortie des Twin Otter et
Beechcraft de leur visite de navigabilité. La mise
en ligne des appareils s'étalera sur une dizaine de
jours. |
Depuis le 1er octobre, les
avions d'Air Moorea à nouveau dans le ciel
polynésien
(D'après Tahitipresse) - 02.10.2007. Les avions
d'Air Moorea ont repris, le lundi 1er octobre, leurs
rotations entre Tahiti et Moorea, plus de quinze
jours après que la compagnie se soit vu retirer
l'agrément de son atelier de maintenance par la
Direction générale de l'aviation civile (DGAC).
Pointilleuse, la DGAC avait relevé "plusieurs écarts
dont des irrégularités dans les procédures
d'entretien et des manquements concernant la
traçabilité des pièces détachées" lors d'un contrôle
dans l'atelier de maintenance d'Air Moorea, le 14
septembre.La compagnie avec l'aide de sa maison mère, Air
Tahiti, a effectué durant deux semaines un travail
de mise à jour de ses stocks. Le 20 septembre, la
DGAC a rétabli l'agrément de l'atelier de
maintenance et le premier Twin Otter a pu retrouver
le chemin des airs. Mais les clients habituels ne se sont pas
bousculés au portillon, il faudra du temps pour que
les Polynésiens reprennent sans appréhension la voie
des airs.
Quant aux causes de l'accident, celles-ci ne sont
toujours pas déterminées à l'heure actuelle.
L'enquête est toujours en cours.
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11
octobre 2007: Première piste pour tenter de comprendre
L’accident serait dû à une "usure" importante des
câbles en acier équipant la commande de profondeur
de l'appareil, révèle le Bureau d'enquêtes et
d'Analyses (BEA).
"Lors
des examens effectués en laboratoire dans le cadre
de l'enquête, il a été constaté que les deux câbles
de la commande de profondeur, en acier inoxydable,
présentaient des zones fortement usées par
frottement au passage des guides-câbles ".
"Ces
usures s'accompagnant de ruptures de fils avaient
réduit au-delà de 50% la section travaillante du
câble sur certaines zones, mais ces zones d'usure
étaient difficiles à identifier sans un examen
approfondi".
"Les
câbles avaient été inspectés au moins deux fois
depuis le 17 novembre 2006, au cours de visites de
maintenance programmées", précise le BEA qui a
adressé une "recommandation" à l'AESA, l'Agence
Européenne de la Sécurité Aérienne ainsi qu'au BST:
Bureau de la Sécurité des Transports du Canada, au
titre d'état constructeur, afin de "contrôler au
plus vite les câbles en acier inoxydable équipant la
commande de profondeur des avions turbopropulseurs
DHC-6 Twin Otter".
Le
Pdg d'Air Moorea, Marcel Galenon, a réagi, jeudi, à
la recommandation du BEA , en soulignant
qu'il n'y avait pas
eu de "rupture" des deux câbles de gouverne sur
l'appareil accidenté, le 9 août dernier.
"Je
n'ai jamais entendu au préalable parler d'usure de
ces câbles. Je note aussi que ces zones étaient
difficiles à identifier et que le BEA dit bien que
le câble avait été vérifié au préalable deux fois.
Je ne vois pas, en revanche, qu'ils parlent de
"rupture' du câble et que cela serait la cause de
l'accident".
Le câble inoxydable qui se trouvait sur le
Twin Otter accidenté avait été changé "fin 2006" et
"avait une durée de vie d'un an",
souligne le Pdg d'Air Moorea. |
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Il
y aurait de précédents problèmes de câbles
On peut lire ce CR
d'accident sur le site du BST (BEA Canadien)
Havilland DHC-6-100 Twin Otter C-FDMR
56 nm au nord de Port Hardy
(Colombie-Britannique)
17 septembre 1994
Deux pilotes et deux
passagers sont partis d'un camp de bûcherons,
situé à Fish Egg Inlet (Colombie-Britannique), à
bord d'un de Havilland DHC-6-100 sur flotteurs
pour effectuer un vol d'affrètement à
destination de la baie Pruth, située à 16 milles
marins de là. Alors que l'hydravion se trouvait
à 100 pieds-sol en montée, un câble de commande
de la gouverne de profondeur s'est rompu.
L'hydravion s'est cabré, a décroché et a plongé
dans l'eau. Le commandant de bord, malgré ses
blessures graves, a réussi à sortir de l'épave
qui coulait; le copilote et les deux passagers
se sont noyés. L'hydravion a été détruit par le
choc et a coulé.
Le Bureau a déterminé
que le câble d'abaissement de la gouverne de
profondeur s'est rompu à la référence 376 sous
l'effet de la corrosion, ce qui a provoqué une
perte de maîtrise. La corrosion n'avait pas été
décelée par le personnel de maintenance lors de
la dernière inspection des câbles de
l'hydravion.
Et aussi
cette autre info paru sur le forum de
Radiocockpit:
Le 21 juillet 1984, un DHC-6-300
exploité par South Pacific Island Airways s'est
écrasé à Tau, (îles Manua) dans le Pacifique
Sud. L'enquête sur cet accident mortel a révélé
qu'un câble de gouverne de profondeur était
corrodé et s'était rompu au niveau de la
référence 376. Le câble rompu a été examiné par
le laboratoire du National Transportation Safety
Board (NTSB) à Washington, district de Columbia,
aux États-Unis. Le rapport du NTSB indique que
le câble était très corrodé là où la rupture
s'est produite. |
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Après le rapport
d'étape du BEA: "On peut supposer que c'est
le câble", indique M. Galenon, le Pdg d'Air
Moorea
(D'après Tahitipresse, 7 décembre 2007) -
Rapport du BEA en pdf (13,5 Mo)
"A priori, il s'agit bien de
la rupture d'un câble. On ne parle plus de
malaise du pilote ou d'une faute de
pilotage", relève le Pdg de la compagnie.
"La durée de vie de ce type de câble est de
cinq ans. En zone maritime, on le change
tous les ans", souligne-t-il.
L'appareil ayant été remis à neuf, en
novembre 2006, le câble n'aurait dû être
changé qu'en novembre 2007, ajoute le Pdg,
en affirmant que la compagnie a bien
respecté "les procédures données par le
constructeur".
Différents types de câbles
Reste à savoir pourquoi le câble a ainsi
cédé. "Des investigations doivent encore
être faites", indique Marcel Galenon. "A la
lecture du rapport, on peut supposer que
c'est le câble (...) La compagnie fait des
contrôles largement supérieurs à ce que
prévoit la réglementation", poursuit-il.
L'appareil accidenté était le seul de la
compagnie à être équipé de câbles en acier
inoxydable, les autres Twin Otter d'Air
Moorea étant eux dotés de câbles en
acier-carbone.
"Le BEA fait du bon travail. Ils ont rendu
le rapport d'étape rapidement. On va vers la
vérité. C'est ce qu'attendent les familles
des victimes, c'est ce qu'attend la société
et c'est ce qu'attendent les clients", a
conclu Marcel Galenon. |
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Crash d'Air
Moorea: les câbles de commande de nouveau
pointés du doigt
(Tahitipresse, 7 décembre 2007) - Le rapport
d'étape du Bureau d'enquêtes et d'analyses
(BEA), rendu public jeudi à Paris, met en
évidence plusieurs ruptures des câbles de
commande du Twin Otter d'Air Moorea.
A 12h01 minute et neuf
secondes (heure de Tahiti), selon le rapport
d'étape du BEA, "le pilote pousse une
exclamation de surprise" et plusieurs
alarmes se déclenchent dans la foulée avant
que l'appareil ne percute la surface de
l'eau, onze secondes plus tard. "Pendant la
descente, deux bruits sont identifiés comme
des actions sur les commandes de vol mais la
trajectoire à piquer de l'avion (...) ne se
redresse pas", écrivent les enquêteurs du
BEA avant d'ajouter que "les morceaux de
l'avion et leur dispersion témoignent de la
violence du choc" et que "dans de telles
conditions, l'accident n'offrait aucun
espoir de survie aux occupants de l'avion".
Perte de contrôle
de l'avion "au moment de la rentrée des
volets"
Le document "confirme que la perte de
contrôle de l'avion se situe au moment de la
rentrée des volets" et constate la rupture,
en plusieurs endroits, des câbles de
commande du Twin Otter. "Les deux câbles de
commande de profondeur et les deux câbles de
commande de direction se sont rompus dans
une zone située à l'avant de l'avion. Le
câble de commande à cabrer présente une
deuxième rupture située en partie arrière de
l'avion dont l'apparence est différente de
celle des autres ruptures et il manque un
morceau de ce câble d'une longueur de 8,8
mètres", notent les agents du BEA. En
revanche, "aucun dépôt, trace de corrosion
avec marque d'usure n'a été observé au droit
des zones rompues".
Des câbles d'une
durée de vie d'un an "en atmosphère saline"
Sur ce genre d'appareil, "deux types de
câble peuvent être installés": "en acier
carbone" ou en "acier inoxydable" comme
c'était le cas sur l'avion d'Air Moorea. "La
durée de vie normale de ces câbles est de
cinq ans mais leur utilisation en atmosphère
saline est limitée à un an", soulignent en
outre les experts.
"Sur le F-OIQI, l'ensemble des câbles
(ailerons, direction et profondeur) avait
été changé chez Fayard Entreprises le 11
mars 2005. Des câbles en acier inoxydable
avaient été installés (...) Pendant les
travaux chez Rocky Mountain (ndlr, en
Amérique du Nord), les câbles avaient été
démontés, contrôlés et remontés, à
l'exception des câbles d'ailerons trouvés
endommagés du fait d'un double croisement et
changés", écrivent encore ceux-ci. |
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