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2 février 2010
Rappel
des hypothèses des causes du crash
- Selon le BEA et
l’expertise judiciaire
En quittant la piste 26 de
décollage, un DC10 de Continental Airlines perd une lamelle en
titane. Ce bout de métal de 40 centimètres environ est à l'origine
de l'accident. Quelques instants plus tard, le supersonique roule
dessus et l'un de ses pneus éclate. Les projections de caoutchouc
crèvent un des réservoirs, entraînant une fuite de kérosène qui
s'embrase.
- Selon Continental
Airlines
S'appuyant sur les
déclarations de plusieurs témoins, l'avocat de la compagnie
aérienne, Me Olivier Metzner affirme que l'incendie s'est déclaré
700 à 800 mètres avant que le Concorde ne roule sur la lamelle. Les
techniciens auraient omis de remonter l'entretoise, une pièce de
métal reliant les roues et les maintenant dans l’axe. Un effort
angulaire supplémentaire aurait ainsi sollicité le pneumatique et
l'aurait fait éclaté lors du passage sur un joint de béton de
mauvaise qualité de la piste.
Un déflecteur d'eau aurait alors été arraché, perçant le réservoir.
La surcharge de l'appareil serait également en cause. Une version
que rejette formellement Air France.
Le
complément à cette thèse.
En plus de la surcharge
carburant effective de l’avion d’environ 1 tonne, il faut ajouter le
coefficient de réduction du poids maximum lors d’un décollage vent
arrière, ce qui était le cas ce jour là. On arrive alors à une
surcharge calculée de plus de 5 tonnes.
On ne peut pas non plus
éliminer une autre surcharge régulièrement « oubliée », le poids
réel des passagers et de leurs bagages prévus pour vivre une semaine
de croisière sur un paquebot. De plus, un Américain ou un Allemand
n’est pas morphologiquement identique à un Asiatique. Le poids moyen
du passager utilisé comme référence en aéronautique n’est
qu’indicatif.
- Selon un officier
mécanicien britannique (un "surplein" en kérosène)
Le troisième scénario est
celui de Ian Kirby, un ancien officier mécanicien navigant de
British Airways qui affiche vingt-deux ans de vol sur Concorde. Son
témoignage sur les pratiques des équipages du supersonique a fait
sensation dans le milieu aéronautique. Mais il souffre d'un handicap
de taille : il ne peut être prouvé. ( Comme si le choc avec la
lamelle pouvait l'être). En 2000, les boîtes noires n'enregistraient
pas les paramètres de vol qu'il invoque.
Traditionnellement, le
Concorde transférait une partie de son carburant du réservoir
arrière (le 11) vers les réservoirs centraux (le 5 et le 8) pour une
plus grande maniabilité de l'appareil au décollage. Une fois à
l'altitude de croisière, l'équipage, transférait à nouveau le
carburant vers l'arrière. Cette manipulation permettait de tenir
plus longtemps l'allure supersonique en consommant moins. Avant le
décollage, l'équipage du vol AF 4590 a donc transféré une partie du
carburant du réservoir 11 vers les réservoirs 5 et 8. Selon Ian
Kirby, l'équipage d'Air France aurait ensuite pu fermer la pompe du
réservoir 11 mais laisser ouvertes les vannes d'accès des réservoirs
5 et 7 comme cela se faisait alors souvent. La mise en marche d'une
pompe («de air switch») de dégazage du réservoir 11 achevait alors
de transférer les dernières gouttes de carburant qui pouvaient
l'être dans les réservoirs centraux. Une procédure qui n'était dans
aucun manuel d'exploitation mais qui permettait de grappiller un peu
de centrage de poids au décollage, surtout quand l'avion était en
surcharge. Et c'était le cas ce 25 juillet 2000.
Selon Ian Kirby, la présence
de quelques bulles d'air dans le réservoir numéro 5 aurait dû
amortir l'impact du pneu. C'est le surplein en kérosène qui aurait
fait éclater le réservoir. Ce scénario met en question l'équipage
d'Air France et apporte un complément d'information à la thèse
officielle du coup de «bélier hydrodynamique» qui n'explique pas
comment un pneu peut faire éclater un réservoir. |